Un Jour du livre, des mots plein la tête

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Le Jour du livre, une manifestation créée il y a deux ans par l’Espace Pandora en partenariat avec la Ville et la complicité de plusieurs partenaires, devait se dérouler ce 1er octobre sur la pelouse située en face du marché des Minguettes. La météo en a décidé autrement et quelques-uns des stands purent se réfugier à la médiathèque Lucie-Aubrac.
Dans ce royaume de la lecture, les petits éditeurs pressentis pour l’occasion ne purent malheureusement pas installer leur Marché aux livres ni le Fonds Decitre nourrir sa Boîte à lire à l’aide d’un troc roboratif. Quoi qu’il en soit, les nombreux visiteurs — dont beaucoup d’enfants —, entraînés par Igor, un Monsieur Loyal qui ne passait pas inaperçu, trouvèrent à s’occuper.

dsc09203Les uns allèrent suivre une rencontre entre deux auteurs, Pierre Soletti et Olivier Salon, animée par le poète et éditeur Thierry Renard, le directeur de l’Espace Pandora. Le premier a été en résidence d’auteur à Vénissieux l’an dernier, le second était déjà venu au cinéma Gérard-Philipe à l’occasion d’un hommage rendu à l’Oulipo, l’Ouvroir de Littérature Potentielle créé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais. Olivier Salon qui, en plus d’être mathématicien, poète et musicien, est membre de l’Oulipo, s’est plutôt défini comme « un disparate ». Un qualificatif emprunté à François Le Lionnais dont Olivier Salon publie la biographie aux éditions du Nouvel Attila ce mois-ci… sous le titre « Le disparate ». De cette conversation à bâtons rompus, on put comprendre que les écrivains adoraient ce qu’ils faisaient et maniaient beaucoup l’humour. Au fil des échanges et des lectures, on apprit ainsi que Pierre Soletti n’aimait pas travailler — il a d’ailleurs écrit un livre pour enfants, « Je travaille pas » — tandis qu’Olivier Salon s’amusait avec les mots, au point d’écrire quelques « beaux présents », textes uniquement composés des lettres des mots à qui il rend hommage.
Les enfants, et les adultes aussi, qui vinrent ensuite suivre les ateliers d’écriture avec l’un et l’autre des deux auteurs, comprirent comment il était enrichissant — même si parfois difficile — de jouer avec les mots.
Non loin de là, les membres de la toute nouvelle association Volpino — qui, en italien, signifie « petit renard » — expliquaient comment ils voulaient marier la littérature, les arts et… les repas. « Nous allons organiser des ateliers sur le thème « Raconte-moi une histoire de cuisine » ou des ciné-repas avec des films qui seront en lien avec la nourriture qui les accompagnera. Au printemps prochain, dans une usine de Saint-Julien-Molin-Molette, nous le ferons avec le film de Fatih Akin, « Soul Kitchen ». Ne dit-on pas que la cuisine, c’est de la culture qui se mange ? » Basée à Grigny et composée de plusieurs anciens Vénissians, l’association va proposer ses ateliers dans les centres sociaux, les médiathèques, etc. Et sera présente à Vénissieux en décembre, lors de l’ouverture de la librairie de l’Espace Pandora dans son nouveau local.
dsc09194Plus loin, ce sont les « réfugiés poétiques  » de l’Ouscrapie qui apprennent aux enfants un nouveau jeu proche du scrabble, l’ouscrapo, sur les grilles duquel on a le droit d’inscrire des mots qui n’existent pas. C’est eux aussi qui nous apprennent, grâce à leur imprimerie à lasagnes, l’existence du Suédois Lars Agne, inventeur de cette machine et, par le même coup, de l’aliment auquel il a donné son nom.
Tout était ainsi placé sous le signe de l’humour et, à l’issue de l’après-midi, petits et grands repartaient la tête pleine de mots et d’ouvertures. Ce qui ne fait jamais de mal.

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