Élections européennes : le FN gagne presque 20 points par rapport à 2009

election jpgÀ Vénissieux aussi le parti de Marine Le Pen sort grand vainqueur de ce scrutin. Il recueille 27 % des voix, contre 8 % en 2009 ! Largement distancés, le PS et le Front de gauche sont au coude à coude, devant l’UMP et les écologistes.
Finalement, à l’inverse de ce que les sondages annonçaient, l’abstention n’aura pas une nouvelle fois progressé lors d’une élection européenne. C’est peut-être la seule bonne nouvelle de ce scrutin du 25 mai. La participation a légèrement remonté. Y compris à Vénissieux, où 28,15 % des électeurs ont rempli leur devoir civique contre 27,46 % six ans plus tôt. Bien maigre motif de satisfaction car les résultats, eux, viennent confirmer la spectaculaire ascension du Front National. Ce dont aucun républicain ne peut se réjouir.
La liste FN, qui était conduite dans la circonscription Sud-Est de la France par Jean-Marie Le Pen, a été choisie par plus de 2000 électeurs vénissians, 1400 de plus qu’en 2009 ! En recueillant 27,18 % des suffrages, le Front national fait plus que tripler son score. Vénissieux s’inscrit de fait dans la tendance observée au niveau national (avec un FN à 25 %), et plus encore régional (28 %).
Loin derrière la formation lepéniste, toutes les autres formations politiques souffrent ou parviennent péniblement à limiter la casse. La liste PS-PRG, conduite par l’ancien ministre de l’Éducation Vincent Peillon, n’obtient que 15,76 % des voix. Elle devance d’une centaine de voix la liste Front de gauche dirigée par Marie-Christine Vergiat (14,38 %), celle de l’UMP conduite par Renaud Muselier (13,48 %) et la liste Europe-Écologie de Michèle Rivasi (9,50 %). Comparativement à 2009, les écologistes perdent 4 points, les socialistes 3, le Front de gauche et l’UMP un peu plus de 2 points.
Comment expliquer une telle percée du FN ? La question est d’autant plus brûlante que des sondages effectués à la sortie des urnes montrent que c’est chez les jeunes et les catégories populaires que le Front national fait ses meilleurs scores. Le parti de Marine Le Pen obtient 30 % des voix chez les moins de 35 ans, 38 % dans la catégorie socioprofessionnelle des employés et 43 % chez les ouvriers. Le PS et le Front de gauche, sur ce qui constitue pourtant leur base électorale traditionnelle, ne séduisent plus chacun que 8 % des ouvriers, et respectivement 16 % et 5 % des employés.
Nationalement, la gauche prise dans son ensemble a décroché de plus de dix points et atteint un plus bas historique, même si le Front de gauche conserve à peu près la même audience avec 6,34 % des voix. Le recul est également très net dans la circonscription Sud-Est avec un PS qui n’atteint pas 12 % (2,7 % de moins), des écologistes qui dépassent à peine les 9 % (contre 18 % en 2009) et un Front de gauche qui stagne à 5,96 %.

Michèle Picard : “C’est à la gauche de s’adresser au peuple”

“À force de construire l’Europe sans entendre les aspirations des peuples européens, comme ce fut le cas lors du référendum en 2005, les citoyens expriment leur dépit et leur résignation face à une Union européenne toujours plus libérale, toujours plus éloignée de leurs préoccupations et de leurs difficultés quotidiennes”, a réagi le maire de Vénissieux, Michèle Picard, au soir du scrutin. Et d’ajouter : “L’urgence et la misère sociale que nous dénonçons depuis des années sont là. C’est à elles qu’il faut répondre à travers des mesures concrètes. C’est aux classes populaires qu’il faut s’adresser en mettant en place de véritables politiques de justice sociale, de solidarité, de protection sociale et de partage des richesses (…). L’heure de l’urgence est largement dépassée, même s’il faut dire aux Français qu’en renforçant l’extrême droite ils se trompent d’objectifs. Les salariés doivent le savoir : le Front national ne défend pas et ne défendra jamais autre chose que les intérêts du capital.”
Pourtant, sur les treize députés qui représenteront la circonscription Sud-Est de la France au Parlement européen, cinq seront issus des rangs du FN : Jean-Marie Le Pen sera accompagné de Marie-Christine Arnautu, Bruno Gollnisch, Mireille d’Ornano et Dominique Martin. L’UMP, avec 20,66 % des voix perd deux députés et n’en enverra que trois : Renaud Muselier, Françoise Grossetête et Michel Dantin. Le PS, malgré son recul, conserve deux parlementaires : Vincent Peillon et Sylvie Guillaume. Avec un score réduit de moitié, les écologistes perdent deux députés et ne gardent que Michèle Rivasi. L’UDI-MoDem sera représentée par Sylvie Goulard. Enfin la voix du Front de gauche sera de nouveau portée par la seule Marie-Christine Vergiat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *