Mission locale : les jeunes de plus en plus victimes de la crise

Cette année encore, le bilan de la Mission locale de Vénissieux, chargée d’accompagner les 16-25 ans vers le marché du travail, illustre toutes les difficultés rencontrées par les jeunes à la recherche d’un emploi durable. Les CDI ? Envolés. Les CDD ? De plus en plus rares. Le temps partiel ? La norme. L’intérim ? En baisse.
Ainsi, en 2012, seuls 650 jeunes ont été concernés par une mise à l’emploi (696 en 2011). 121 CDI ont été signés. C’est quatorze de moins qu’en 2011, et presque deux fois moins qu’en 2007, avant le début de la crise économique.
Concernant les CDD et l’intérim, la baisse est également continue. Le nombre de CDD signés s’est monté à 321 en 2012 contre 376 en 2009 et 462 en 2007. Idem pour les contrats d’intérim : 161 en 2012, 217 en 2010, 257 en 2007.
“Tous ces chiffres démontrent que l’accès à l’emploi reste compliqué pour les jeunes, regrette Martial Guiguet, directeur de la Mission locale de Vénissieux. Nous avons fait un constat : pour de nombreuses offres, le niveau exigé augmente. Au dernier forum de l’industrie, par exemple, il était très souvent demandé d’avoir un niveau bac, voire bac +2. Pour notre public, très éloigné de l’emploi, c’est très difficile.”
Conséquence : le nombre de nouveaux inscrits (913) à la Mission locale dépasse de nouveau le chiffre symbolique de 900. “Ils viennent en grande majorité des ZUS (Zones urbaines sensibles). Dans un cas sur deux, ils ont été encouragés par leurs familles. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à venir des quartiers Darnaise et Moulin-à-Vent. Seuls 28 % d’entre eux ont le permis de conduire.”
Au total, 2 546 jeunes sont suivis à la Mission locale, installée avenue de la Division Leclerc. Près de 70 % d’entre eux ont un niveau équivalent ou inférieur au BEP et au CAP. À peine plus d’un sur dix a déjà déclaré un salaire. “L’accompagnement des jeunes est un peu plus long, reprend Martial Guiguet. Il y a de plus en plus d’obstacles à lever avant de songer à une mise à l’emploi. Dans ce contexte, les jeunes ont besoin de temps. Un quart des jeunes est ainsi inscrit depuis trois ans ou plus. En 2012, plus de 10 000 entretiens individuels ont été réalisés.”
Autre point noir, l’accès à la formation. “La consolidation dans l’emploi se faisant difficilement sans qualification, la formation reste un formidable levier de l’insertion professionnelle. Le nombre de jeunes proposés en formation est de 1 057. 21 % ont été retenus, un taux en légère baisse. La formation reste sélective. En gros, ceux qui en ont le plus besoin n’y ont pas accès. La concurrence entre le public adulte et le public jeune se fait ainsi au détriment des jeunes.”
La Mission locale ne s’occupe pas seulement d’emploi et de formation. Elle propose également un accompagnement social de la vie quotidienne. Le service Logement a ainsi enregistré une forte hausse de sa fréquentation, puisqu’il suit désormais 257 ménages. “Cela démontre que nous sommes connus et reconnus dans la ville pour la qualité de nos actions et de nos ateliers, conclut Martial Guiguet. Les difficultés sont bien présentes, mais, et c’est positif, fin 2012 nous avions 504 jeunes en situation d’emploi durable (CDD longue durée ou CDI). Cela prouve qu’au bout d’un moment, notre travail finit par payer.”

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