

Le concours de cuisine était le point central de cet événement promouvant une alimentation saine, accessible et locale
Burrata surprise, œuf perché, cookies doux, promenons-nous dans les bois, millefeuille, le Sénégal dans l’assiette et le panier de Frida. Ces sept plats, les équipes engagées au concours annuel de l’association Vrac, les ont concoctés avec soin.
Les habitantes du Plateau, accompagnées par des bailleurs (GrandLyon Habitat, Lyon Métropole Habitat, Alliade Habitat), les Centres sociaux des Minguettes, BelleBouffe, Vrac et VoisinMalin, ont rivalisé d’ingéniosité pour séduire les papilles du jury que présidait Davy Tissot. Le grand chef cuisinier, Meilleur ouvrier de France 2004 et Bocuse d’Or 2021, n’a pas caché sa joie de revenir dans ce quartier qui l’a vu naître et grandir.
Ce mercredi 1er avril, les mamans avaient comme mission de préparer un plat végétarien pendant que les enfants s’amusaient dehors avec des jeux en bois ou le vélo smoothie. Avec deux contraintes à respecter : utiliser des ingrédients de saison et respecter un budget de 40 euros.
Un cookie doux… et explosif
« On a eu du mal à les départager, avoue Malika Benmebbah, cuisinière à l’Ehpad La Solidage et membre du jury. Le goût était là. Ces mamans, qui n’ont jamais étudié la cuisine, ont vraiment bien travaillé. Et j’ai bien aimé voir tous ces enfants venir à table pour goûter les plats cuisinés à partir de légumes frais. »
C’est finalement l’équipe « Voisines Malignes » qui a tiré son épingle du jeu grâce à son « cookie doux ». « Il n’est pas si doux que ça, sourient Imen, Sarah, Ludivine et Fayza. Il est même plutôt explosif. Le thème était ‘la surprise dans l’assiette’. Et cette surprise, ce sont les petits bonbons qui éclatent en bouche. On les a incorporés à notre base de recette : la patate douce, pour le côté doux. Regardez, on a même adapté notre code vestimentaire avec la couleur orange. »
Emballé par le millefeuille à la confiture de betterave des Miss Minguettes (LMH) « qui (lui) a rappelé des souvenirs » et la burrata « qui manquait un petit peu de sauce », Davy Tissot a fini par trancher pour ces drôles de cookies, après concertation avec ses deux consœurs : « Elles ont utilisé du miel, des flocons d’avoine… C’est un beau produit, très surprenant qu’elles ont présenté avec éloquence. »
Davy Tissot : « Monmousseau, la Darnaise… C’est toute mon enfance ! »


Davy Tissot, entouré de Malika Benmebbah (Ehpad La Solidage) et Sadia Hessabi (restaurant KabouLyon), membres du jury
Issu des Minguettes et ancien élève du lycée professionnel Hélène-Boucher, Davy Tissot, chefétoilé et président duComité international du Bocuse d’Or, évoque ses souvenirs d’enfance et exprime ses espoirs pour la jeunesse du quartier.
« Quel effet cela vous fait de retourner aux Minguettes ?
J’ai un fort lien affectif avec le quartier. J’ai habité à différents endroits du Plateau. Monmousseau, la Darnaise… C’est toute mon enfance ! Dans ces grandes tours, on savait quel plat avait préparé chaque famille. Ma grand-mère, aujourd’hui décédée, a vécu ici jusqu’en 2010. Elle cuisinait pour mes oncles, mes tantes et moi. Je n’ai pas été élevé à l’odeur du chocolat chaud le matin mais aux oignons caramélisés avec l’ail. En rentrant de l’école, je soulevais le couvercle de la casserole de sauce tomate qui cuisait depuis le matin. Ces souvenirs olfactifs sont essentiels. Il est important de mettre sa culture dans l’assiette pour ne pas tout perdre.
Quels ingrédients vous parlent le plus ?
Ma grand-mère était une Sicilienne qui avait émigré à Tunis. J’ai été habitué à la cuisine du bassin méditerranéen. Donc beaucoup d’huile d’olive, d’épices et de produits frais du marché. On y allait deux fois par semaine. J’aimais bien aller chercher mon bout de fromage sur les étals.
Un événement festif comme celui organisé aujourd’hui à la Maison des Fêtes et des Familles peut-il aider les habitants du quartier à mieux se nourrir, en évitant les produits industriels ?
Oui. Il faut savoir qu’il est beaucoup moins cher d’acheter des produis frais que des plats cuisinés et de la malbouffe. Et c’est mieux pour la santé : pas d’additifs, pas de surcharge en sel et en sucres. Les habitants ont la chance d’avoir un excellent marché à côté de chez eux. Il est essentiel d’éduquer les enfants à goûter de bons produits. Même si on n’aime pas, on goûte, on insiste un peu. Ça éveille les sens. »







































Mino
4 avril 2026 à 8 h 20 min
Bravo à ce MOF (issu de Vénissieux) et à ces dames qui pratiquent une cuisine inventive et délicieuse. Initiative
à renouveler dans d’autres quartiers pour donner le gout de cuisiner aux hommes et femmes de notre ville.