
Audrey Belliard est arrivée au collège Paul-Éluard en septembre dernier.
Depuis plus d’un an, le collège Paul-Éluard accueille une médiatrice en milieu scolaire dans son établissement. Cette expérimentation, portée par l’association ALTM et financée par la Métropole, vise à prévenir et lutter contre les incivilités, les violences, l’absentéisme et le décrochage scolaire. Le dispositif a récemment été prolongé suite à la constatation d’une « amélioration réelle du climat scolaire et une baisse des dégradations ».
Audrey Belliard, la nouvelle médiatrice, a rejoint l’établissement à la rentrée de septembre. Avant cela, la jeune femme a occupé des postes de conseillère pénitentiaire, de CPE et d’assistante d’éducation dans des établissements en REP et REP+.
Connaître et reconnaître ses émotions
Tous les élèves peuvent venir la voir pour échanger sur leurs problématiques, sur la base du volontariat ou suite à une demande de l’équipe enseignante. « À chaque fois, je leur rappelle que je suis un tiers neutre, impartial, à qui ils peuvent tout dire, explique la médiatrice. Ici, il n’y a pas de jugement, pas de punition. Ils peuvent venir dans mon bureau sans parler ou bien pour vider leur sac. »
Audrey Belliard axe son travail sur la gestion des émotions. Elle propose aussi des ateliers au cas par cas, en fonction des problématiques des élèves. Les rendez-vous peuvent être ponctuels ou avoir lieu jusqu’à deux fois par semaine. Elle a, par exemple, mis en place un système de photolangage avec une des jeunes suivies : « Elle n’arrive pas à analyser ses émotions, décrit la médiatrice. Elle sait qu’elle peut être heureuse ou triste, mais elle ne sait pas ce qui déclenche ses réactions. Je lui propose donc de prendre des photos des moments où elle devient heureuse ou triste, ce qui peut l’aider à trouver l’origine de ses sentiments. »
« Aucun enfant n’est méchant »
Depuis son arrivée, elle a remarqué de nombreux jeunes avec des problématiques émotionnelles, du stress et une baisse d’estime de soi. « Le collège est une période compliquée, avec une construction identitaire, donc il y a un vrai mal-être, assure la médiatrice. Aucun enfant n’est méchant, il y a juste des enfants avec de grosses problématiques. » Elle organise des tables rondes, avec des proches des élèves en difficulté, pour les aider à gagner en confiance. « J’ai aussi eu un élève qui ne se trouvait aucune qualité, ajoute-t-elle. J’ai demandé à ses amis d’en trouver pour lui, de les écrire anonymement et cela l’a beaucoup aidé. »
Ces derniers mois, elle forme aussi une dizaine d’élèves pour faire de la médiation entre pairs. « Ils sont très investis, je suis contente. Leur objectif est d’apaiser des situations, sans jamais se mettre en danger, bien sûr. »
La jeune femme a d’autres projets pour venir en aide aux collégiens. Elle souhaiterait notamment mettre en place un atelier de théâtre, en lien avec le Théâtre de Vénissieux, pour lutter contre les discriminations et favoriser l’égalité filles-garçons, une thématique « très compliquée». Ces dernières semaines, la médiatrice assure avoir constaté une nouvelle amélioration du climat dans l’établissement, et certains parents ont également témoigné d’un changement de comportement chez leurs enfants. Mais Audrey Belliard le rappelle : « Sans l’aide des équipes éducatives, la médiation ne fonctionnerait pas. »






























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