Conseil de quartier Anatole-France/Paul-Langevin : le mail piéton en question

Réunie le 17 novembre, l’assemblée générale, présidée par Amel Khammassi, a notamment porté sur le mail piéton qui irrigue le quartier Armstrong, jugé trop bétonné.

« J’habite à Armstrong depuis 1981, commence une habitante. Avant, on avait des espaces verts, un stade de foot pour les jeunes. Depuis la construction de ce mail piéton, c’est devenu une cité béton. J’ai l’impression qu’on nous a détruit notre quartier. »

Idir Boumertit, adjoint au Grand projet de Ville rejoint, en partie, l’avis de cette habitante en indiquant qu’il y a « une volonté de reprise de ce mail qui est en effet très bétonné. On a cette ambition de le végétaliser un peu plus. Il y a un bâtiment qui devait sortir de terre avec près de 50 logements et qui ne sera finalement pas construit. À la place, un espace végétalisé sera installé avec des jardins partagés. Une visite est programmée le 23 novembre prochain, afin que les habitants donnent leur avis sur la conception de cet espace. »

Pour autant, malgré ces annonces, les habitants ne sont pas convaincus, notamment par les futurs projets dans leur quartier. Ils estiment que trop d’immeubles sont construits, trop sont détruits et que le nombre d’habitants ne cesse d’augmenter.

« Si vous regardez les chiffres, vous verrez qu’il y a beaucoup moins d’habitants au mètre carré aux Minguettes, que dans le 6° arrondissement de Lyon, tempère Pierre-Alain Millet, adjoint au Logement. Pourtant, si je vous proposais un logement social dans cet arrondissement, peut-être que vous seriez intéressés. On a besoin de logement et il faut en démolir certains quand c’est nécessaire, mais il faut aussi en construire, avec des espaces verts et des espaces extérieurs. »

De quelle mixité parle-t-on ?

« On nous avait dit qu’on allait mixer la population sur les Minguettes grâce à la vente d’appartements, mais je ne constate aucune mixité, s’étonne une habitante. Quand je sors les photos de mes enfants dans les années quatre-vingt, ils étaient tous mélangés, il y avait des Jean, des Fatima, des Nora. Aujourd’hui il n’y a plus tout ça. »

Une réflexion « inquiétante » selon Idir Boumertit. « Je pense que certains confondent renouvellement urbain, transformation du plateau des Minguettes avec renouvellement de la population. Le but ce n’est pas ça, on parle de mixité sociale, pas de mixité ethnique. »

Pour Marie-Christine Burricand, ancienne présidente du conseil de quartier, « il faut qu’on sorte des récits sur ceux qui arrivent et ceux qui partent. Dans la salle, il y a des nouveaux habitants qui sont venus participer à la vie du quartier. Ne disons pas que rien ne change, il faut apprendre à mieux se connaître. »

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