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Les bons plants de la Bourse

Le 24 mai, le temps d’une soirée, le parvis du cinéma Gérard-Philipe est devenu l’esplanade du troc à terreau. Beaucoup de bons plants, sans parler d’oseille.

Il avait germé dans l’esprit fertile de la Fabrique d’initiatives citoyennes de Vénissieux. Mercredi 24 mai, sur le plateau des Minguettes, s’est tenu un nouvel événement autour du développement durable, baptisé « Qu’est-ce qu’on fait demain ? ». Personnellement, le lendemain c’était férié, j’ai fait grasse mat, mais c’est une autre histoire, comme disait Kipling.

Ateliers bricolos
On y trouvait les habituels ateliers de réparation miraculeuse. De vélos promis à la casse : « Ah oui, avec des pneus gonflés ça roule mieux ». De jouets que l’on croyaient fichus,  « non, il fallait juste changer les piles du lapin ». D’objets sauvés de la poubelle: « En voilà un beau vide-poches en carton de Granola, ça changera du collier de nouilles pour la fête des mères ».

Jardiniers échangistes
Et puis une initiative nouvelle mais qui devrait essaimer rapidement, la « Bourse aux graines et plants ». Le concept : échanger le produit de ses semis contre d’autres productions ou contre un coup de main bénévole. Pas question d’argent, même avec l’oseille. Une idée portée par le Centre associatif Boris-Vian (CABV), les centres sociaux des Minguettes, l’association Ville Gourmande et des jardiniers amateurs de la commune.

Semis-marathon
Le temps d’une soirée, le parvis du cinéma Gérard-Philipe est devenu l’esplanade du troc à terreau. « J’ai échangé des pousses de courges, de tomates et de melons contre des piments d’Espelette et des aubergines », explique une cultivatrice ravie du Jardin de l’Espéranto. Aux Jardins de Lucie, on a cédé tomates, courgettes, coriandre, aromatiques et cosmos et l’on repart avec du basilic, de la sarriette et des graines de physalis. Tout ça donnera en fin d’été. « Ça fait rien, on n’est pas pressés, philosophe Marc, les jardiniers c’est des coureurs de fond, pas des sprinters ! »

Jardiniers en herbe
La preuve avec Balquis, 8 ans aux prunes, qui va planter chez elle son petit pied de tomates cerises. Récolte dans deux bons mois, facile. Quant à son petit frère Marad-Shain, il n’est pas prêt de déguster son melon, dont la tige ne fait guère plus de 3 cm. Le jardinage, école de la patience… « Et les meilleurs engrais sont la convivialité et l’entraide, ajoute Mathieu, du CABV. Des jardinières en palettes de récupération, des nichoirs à abeilles, des mini-serres, des échanges de conseils et de semis… On fait tout ensemble et chacun apprend des autres », explique le jeune homme.

« Grainothèque »
Les animateurs en profitent pour sensibiliser aux pratiques de l’éco-jardinage, prémisse d’une agriculture urbaine qui prend bien racine dans les banlieues. Et d’une vision non-marchande et durable de la vie: « évitez les semences hybrides F1 du commerce, elles sont issues de croisements génétiques favorisant la productivité sur une seule année, ensuite elles dégénèrent » conseille Mathieu, qui veille au grain.
Prochaine étape, constituer une « grainothèque ». Même principe qu’une bibliothèque, mais quand on a du retard, c’est qu’il n’a pas assez plu.

 

Photo © Raphaël Bert – Expressions

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