Les Veninov ne peuvent plus entrer dans leur usine

À quel jeu Windhager joue-t-il ? Ce vendredi 12 avril, en se rendant rue Eugène-Maréchal, les Veninov ont eu la désagréable surprise de trouver portes closes. Le tout, accompagné d’un mot accroché sur les grilles, affirmant que l’“accès à l’usine est réservé au personnel de Windhager France”. Une “provocation insupportable” pour les salariés, qui ont improvisé un rassemblement, auquel environ 200 personnes se sont rendues.

“C’est scandaleux, inadmissible, estimait Stéphane Navarro (CGT). On nous a même refusé l’accès au local du CE, dans lequel se trouvent nos effets personnels. C’est illégal, et contraire aux engagements du groupe autrichien. On cherche à nous faire passer pour des voyous, les dirigeants de Windhager se moquent des ouvriers qui leur ont permis d’avoir cette usine.”

Jeudi déjà, le nouveau directeur de l’usine, Gérard Bel, avait appelé la police pour faire partir les Veninov, qui occupent les lieux depuis l’été 2011 pour sauver les emplois. Le maire de Vénissieux, Michèle Picard, s’était rendu sur place pour renouer le dialogue. “M. Bel était furieux, raconte l’élue. Il disait craindre pour sa sécurité. J’ai essayé de discuter avec lui, mais il ne montrait aucun respect pour le maire que je suis. J’ai essayé de lui rappeler que si le site n’avait pas été squatté, vandalisé plus qu’il ne l’a été, c’était grâce aux mêmes salariés qu’il essayait de mettre dehors. Windhager engage un véritable bras de fer et cherche incontestablement l’affrontement. Cette attitude est intolérable, inadmissible, irrespectueuse vis-à-vis de ces femmes et de ces hommes. Je condamne sans appel de telles pratiques qui s’apparentent purement et simplement à du mépris !”

Alors que la reprise de l’activité est annoncée pour ce lundi 15 avril par Windhager, les treize Veninov qui ont reçu une proposition de contrat avaient jusqu’à vendredi midi pour accepter l’offre du groupe autrichien. “Nous avons été prévenus hier à 23 heures, par SMS, qu’il fallait apporter le contrat signé, indique un Veninov. Un véritable ultimatum. Je crois que personne n’a accepté, à part un ancien salarié qui n’était pas sur la liste prioritaire. Je me demande bien comment ils vont faire pour redémarrer avec un seul employé !”

“Face à cette situation, le gouvernement et la préfecture doivent réagir, déclarait ce vendredi midi André Gerin, député honoraire du Rhône. D’abord, ils doivent intervenir pour obliger Windhager à proposer un contrat d’embauche aux cinq délégués CGT qu’ils ont recalé. C’est la condition sine qua non pour que se développe une activité ici. Je pense que le nouveau délai accordé par le tribunal de commerce de Nanterre peut être un signe positif. Mettons-nous autour d’une table, et discutons d’un nouveau protocole d’accord. Nous sommes pour le moment dans une impasse. Il faut renouer le dialogue.”

Faute de dialogue, c’est un huissier qui a été mandaté vendredi 11 avril après-midi. « À 16 heures, nous avons fait intervenir Maître Zerbib, huissier à Bron, indiquait en fin de journée André Gerin. Il a formulé les constats suivants : l’interdiction d’accès à l’entreprise durant toute la journée, une forme d’atteinte à la liberté du travail, une obstruction manifeste à la libre activité du comité d’entreprise. »

Un nouveau rassemblement est prévu pour lundi à 11 heures, devant les grilles de l’usine. Les ex-salariés et les élus de Vénissieux appellent les habitants à y participer nombreux.

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