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Pratique sportive : quand les adolescentes décrochent

D’après une étude récente, près d’une fille sur deux arrêterait le sport au moment de son passage à l’adolescence. À Vénissieux, le constat est plus nuancé.

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Ce sont des chiffres marquants. En France, selon une étude de la mutuelle MGEN et de l’institut Kantar, menée entre septembre et octobre 2025, plus de 42 % des filles stoppent leur pratique sportive une fois qu’elles deviennent adolescentes. L’étude a été menée auprès de plus de 500 jeunes filles âgées de 13 à 20 ans ayant arrêté le sport. Ce désintérêt aurait plusieurs origines : des contraintes sociales, des stéréotypes de genre ou encore des changements corporels insuffisamment pris en compte dans les clubs.

L’étude souligne que « les jeunes filles ressentent une inadéquation entre des pratiques sportives conçues pour un corps constant et des performances continues, et les différentes phases de leur cycle menstruel. Elles évoquent la fatigue, les douleurs ou l’inconfort liés aux fluctuations hormonales et expriment le besoin d’un encadrement plus bienveillant. »

À Vénissieux, en 2024, près de 2000 filles entre 4 et 18 ans faisaient du sport dans une des associations subventionnées par la Ville. Soit 20% du nombre total de licenciés recensés. Parmi elles, on retrouve Sofia* pour qui l’arrivée des menstruations a été une étape décisive. « C’est une difficulté supplémentaire que les garçons ne peuvent pas comprendre. Avoir ses règles et faire du sport, entre les douleurs et la fatigue, ça peut être vraiment compliqué et modifier notre façon de pratiquer. » Certaines sportives de haut niveau choisissent même de prendre une pilule contraceptive en continu afin de ne plus avoir de règles et d’éviter ainsi les contraintes qu’elles entraînent, notamment lors des compétitions.

Le collège et le lycée, des périodes charnières

Linda, 23 ans, qui pratique la boxe française depuis ses 12 ans, a rencontré des difficultés et été victime de préjugé face à sa pratique sportive. « J’ai déjà eu des remarques sur le fait que je sois une fille et que je fasse de la boxe. Je me souviens aussi d’autres adolescentes qui en faisaient avec moi et qui cachaient leur corps lorsqu’elles ont commencé à avoir des formes. » Pour son coach, Rafik Chergui, qui est aussi responsable sportif, le renoncement au sport chez les adolescentes peut aussi avoir une autre origine : « En général, elles s’inscrivent ensemble. Le problème, c’est que dès que l’une part, les autres suivent. Il faut donc trouver des moyens de les intéresser et de les maintenir. »

Au basket AVLP, ces dernières années, le nombre d’adolescentes inscrites a augmenté. Le club compte désormais deux équipes de 13-14 ans et deux équipes de 15-17 ans. Julien Claret, directeur sportif, identifie deux périodes charnières chez les jeunes filles : l’entrée au collège et l’entrée au lycée. « Certaines souhaitent découvrir d’autres sports, d’autres loisirs ou privilégier les études. En revanche, celles qui restent sont souvent très investies et engagées dans la vie du club. »

Il observe aussi que les filles apprécient moins la compétition et préfèrent une pratique de loisir. Un constat partagé dans plusieurs études, dont une enquête conjointe de l’INJEP et de la DEPP, réalisée en 2022. « Nous avons donc adapté notre fonctionnement, assure Julien Claret. Dans chaque tranche d’âge, une équipe est davantage axée sur la compétition, tandis que l’autre privilégie le plaisir et la pratique sans la pression des résultats. On aimerait développer la pratique loisir mais pour l’instant nous n’avons pas assez de créneaux horaires dans les gymnases. »

Des temps collectifs et conviviaux

De son côté, face à la baisse du nombre de licenciées, le football féminin passe par une diversification de ses objectifs. Le club mise notamment sur la convivialité, avec des sorties collectives et des événements festifs : temps partagés avec les familles ou encore des places à prix réduit pour assister à un match des Lyonnes au Groupama Stadium, etc. « L’esprit de groupe est essentiel, bien plus que la logique de compétition », assure Mylène Chauvot, responsable du pôle féminin.

L’arrivée des réseaux sociaux joue également un rôle dans la pratique sportive. « Ils occupent une place énorme chez les adolescents, et même chez les plus jeunes, explique Djamel Maaloum, responsable sportif du club de taekwondo. À six ans, on peut encore réagir. À 13 ou 14 ans, lorsqu’une fille décide d’arrêter, c’est plus compliqué. » Malgré tout, le club conserve chaque année un noyau stable d’une douzaine de filles âgées de 12 à 14 ans. Parmi elles, Melyna, collégienne à Paul-Éluard, qui ne se voit pas arrêter. Après avoir testé plusieurs disciplines, elle a trouvé son équilibre sur le tatami : « Le téléphone, c’est important, mais il ne faut pas que ça prenne toute la place. »

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