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Disparition : Jean Lévy, un infatigable passeur de mémoire

Rescapé de la Shoah et délégué régional de l’association Fils et filles de déportés juifs de France, Jean Lévy vient de disparaître à l’âge de 92 ans.

Jean Lévy en 2020 à Sciences Po Lyon, lors de la présentation du livre de Valérie Portheret « Vous n’aurez pas les enfants », sur le sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux

 

Délégué régional de l’association des Fils et filles de déportés juifs de France, Jean Lévy est décédé à l’âge de 92 ans. Ce Lyonnais rescapé de la Shoah — il avait 12 ans à la fin de la guerre — était venu à de nombreuses reprises à Vénissieux, à l’occasion des commémorations du camp d’où furent exfiltrés, en 1942, 108 enfants juifs. Il avait suivi de très près le travail de l’historienne Valérie Portheret sur ce sujet.

Cet « infatigable passeur de mémoire », ainsi que l’a qualifié Michèle Picard, n’avait cessé de dénoncer la barbarie nazie et de rappeler les souffrances qu’elle avait engendrées. Jean Lévy rappelait souvent que « l’histoire de la Shoah répond aussi à un devoir civique ». Ce qu’il désirait plus que tout, avait-il confié lors du vernissage de l’exposition Les Juifs de France dans la Shoah, à la médiathèque Lucie-Aubrac, en 2012 : « Rappeler la mémoire de toutes les victimes de Vichy et du IIIe Reich et transmettre aux jeunes ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale. »

Aux côtés de Serge Klarsfeld, il s’efforçait de retrouver les noms des disparus et, plus particulièrement, celui des enfants juifs et tsiganes. « 11 400 enfants juifs de France ont été exterminés, la plupart nés en France, nous avait-il alors précisé. Ce travail a permis de poser des plaques dans les établissements où ils étaient scolarisés. Les profs peuvent se pencher sur ces documents, points de départ concrets pour une étude sur le nazisme. » Il ajoutait : « C’est l’histoire de la République française et pas d’une communauté. »

Lui-même s’était dit, pendant la guerre, que, s’il s’en sortait, il se consacrerait à cette cause et c’est le retour de Klaus Barbie en France, traqué par Serge et Beate Klarsfeld, qui avait servi de déclic.

À sa famille et ses proches, la rédaction d’Expressions présente ses plus sincères condoléances.

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