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Amine Di Folco : du fond de la classe aux fonds de commerce

À seulement 20 ans, Amine Di Folco est déjà à la tête de trois boutiques d’achat-vente et réparation de téléphones, trottinettes et appareils électroniques. Le jeune homme, autodidacte, partait pourtant de loin après un parcours scolaire difficile.

Amine DI Folco (20 ans) a ouvert sa troisième boutique en moins de 2 ans (photo Emmanuel Foudrot)

« Pro, rapide, efficace » ; « Ce magasin n’est pas comme les autres »« Je pensais mon téléphone irréparable. Maintenant, il est comme neuf ». Avec une évaluation de 4,8 étoiles sur Google sur plus de 500 avis, KaffKey Phone Store collectionne les bons points. Dans la foulée de l’ouverture, fin 2024, de sa petite boutique de rachat, réparation et vente de téléphones sise route de Vienne (Lyon 7e), Amine Di Folco, son jeune gérant (20 ans) étend le concept aux trottinettes électriques. Il rachète alors le local attenant pour créer KaffKey Mobility.

Été 2025 : la petite entreprise étend son territoire plus au sud en ouvrant une troisième boutique au 13, rue Gambetta, en plein centre de Vénissieux. Le local, resté vacant pendant trois ans, est aujourd’hui un petit paradis de l’électronique : téléphones, tablettes, PC, écouteurs, consoles de jeu, trottinettes, drones et autres montres connectées garnissent les vitrines.

« Je me suis aperçu que 25 % de ma clientèle venait de Vénissieux, rapporte Amine Di Folco. Ici, ce n’est pas comme à Lyon. Les gens cherchent surtout des téléphones bon marché, veulent récupérer des colis, faire des impressions ou des transferts d’argent vers l’étranger. Alors je m’adapte pour répondre à la demande. Je fais moins de marge mais plus de quantité. Regardez, aujourd’hui, on commence l’impression de coques personnalisées. »

C’est cette réactivité qui a, entre autres, permis au jeune homme de faire croître son activité en peu de temps. Déjà doté d’un solide bagage technique, le chef d’entreprise s’appuie désormais sur une petite équipe d’alternants pour gérer le marketing et la communication sur les réseaux sociaux, et assurer une présence en boutique pour la vente.

Pourtant, il y a encore quelques années, Amine Di Folco était loin d’imaginer s’épanouir dans ce métier-passion. « Enfant, je n’avais pas de rêve, nous confie-t-il dans son arrière-boutique, transformée en ‘salle de live’, où sont tournés les contenus publiés sur Snapchat, TikTok et Instagram. J’allais à l’école la boule au ventre. J’avais de grosses difficultés. Je cultivais cette angoisse de ne pas réussir. Au collège, je me sentais inutile. En 3e, tous les lycées m’ont refusé. Je cumulais trop de retards et d’absences injustifiées. Je restais chez moi à ne rien faire. »

Auto-entrepreneur à 18 ans

C’est en 2020 que tout bascule. Désastreuse pour certains, opportunité d’un nouveau départ pour d’autres, cette « année Covid » sourit à l’élève-apprenti. « Finalement, j’intègre l’école de production Boisard, en carrosserie. J’y apprends la discipline et ce que représentent les attentes du client. Pendant les grandes vacances, je casse mon iPhone 6. Je regarde alors un tutoriel sur YouTube et je commande un écran sur Leboncoin. Je réussis à la réparer en trois ou quatre heures. Et puis, je propose mes services à ma famille et à mes amis. Je trouve enfin un sens à ma vie. »

Photo Emmanuel Foudrot

L’aventure commence de manière très artisanale, sur Leboncoin : « Pendant deux ans, après les cours, j’achète des téléphones cassés, je les répare et les reconditionne pour les revendre. Je me forme sur les forums chinois. Pour acquérir de l’expérience, je peux démonter et remonter un appareil une centaine de fois. J’en apprends tous les jours. Je ne vois pas le temps passer. »

Une fois ses 18 bougies soufflées, Amine Di Folco immatricule la microentreprise KaffKey et dégage son premier salaire. « Pourquoi KaffKey ? On m’avait donné ce surnom en ligne. Ça ne veut rien dire. Mais mes clients me connaissaient sous ce nom-là. Ils étaient déjà fidèles. À l’époque, je répare leurs téléphones chez moi en une heure pendant qu’ils attendent en bas. Je publie les avant-après sur les réseaux sociaux. »

Sur le pont jusqu’à minuit

Lorsque l’opportunité du local à deux pas de chez lui se présente, le chef d’entreprise n’hésite pas. Ses économies lui permettent de payer loyer et charges sans avoir à emprunter. « Là, je prends mon petit bureau et mon matériel et je pose le tout dans la boutique, raconte-t-il en mimant le geste. Tout de suite, ça devient plus sérieux, plus pro. La demande explose. Pour suivre la cadence, je forme des alternants à la vente. On a à peu près le même âge. C’est toujours un peu délicat. Mais j’apprends à gérer tout ça. »

Un beau jour, un client lui pose une trottinette sur la table. Un nouveau virage à négocier. « Ça reste de l’électronique. Alors je lui dis, sans rien lui promettre, de me laisser une semaine pour essayer. J’y arrive. » Ainsi naît KaffKey Mobility, il y a tout juste un an. L’affaire semble avoir de l’avenir. « À Lyon, les Verts ont aménagé beaucoup de pistes cyclables. Pour pas mal de gens, la trottinette, c’est comme une voiture pour aller au boulot. Quand elle est en panne, ils sont coincés. »

À Lyon comme à Vénissieux, la réussite de l’entreprise repose sur quelques points essentiels. « Les gens qui ont besoin de faire réparer un téléphone sont souvent méfiants car ils ont connu des expériences négatives, analyse le jeune homme. À moi d’obtenir leur confiance, de ne pas la trahir et de leur trouver une solution. Ici, c’est du contact direct et des réparations sur place. Et avant de reconditionner un appareil et le mettre en vitrine, je valide de nombreux tests pour qu’il y ait zéro retour. »

Le temps où le garçon se morfondait dans sa chambre est révolu. Aujourd’hui, Amine Di Folco est un chef d’entreprise qui ne compte pas ses heures : « On doit être les seuls à ouvrir jusqu’à minuit. Les horaires tardifs arrangent beaucoup de monde. Je suis toujours en train de travailler. Mais ce rythme me plaît. Et recevoir de bons avis sur Google me donne beaucoup de courage pour aller de l’avant. »

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