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Le « ras-le-bol » des médecins

Un appel massif à la grève a été lancé par les médecins pendant dix jours. À Vénissieux, la mobilisation a été forte, avec une baisse de près de 50 % de l’activité.

Photo Vitaly Gariev – Unsplash

Du 5 janvier au 15 janvier, une grève nationale a été lancée par les médecins libéraux. Ce mouvement d’une forte ampleur avait pour but de protester contre le projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

Parmi les mesures fortes qui ont fait naître la colère des médecins généralistes, on retrouve l’évolution de la mise sous objectif (MSO). Ce dispositif, mis en place par l’Assurance maladie, vise à encadrer et contrôler les dépenses de santé. Elle est notamment employée pour contrôler le nombre d’arrêts maladie prescrits par les médecins généralistes. S’il est trop élevé, le médecin peut être « mis sous objectif » et il lui sera demandé de baisser son nombre de prescriptions. Si l’objectif n’est pas atteint, il peut être sanctionné et devoir rembourser une partie des dépenses jugées excessives par l’Assurance maladie.

« C’est compliqué, assure Hajer Rouissi, directrice de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Vénissieux/Saint-Fons. Les médecins tiennent compte des besoins des patients, pas de ceux de l’Assurance maladie. » Aux côtés du docteur Pascal Dureau, président de la Maison médicale de garde et représentant du collège des médecins généralistes de la CPTS, Hajer Rouissi prend l’exemple du docteur Olga Chevalier, qui exerçait à Vénissieux et qui est décédée en octobre dernier. « Elle a été mise sous objectif car, d’après l’Assurance maladie, elle délivrait trop d’arrêts. Or c’était une médecin dévouée, investie, qui ne comptait pas ses heures. À Vénissieux, les médecins ont en moyenne 1 900 patients chacun, la moyenne nationale est de 1 000. Donc forcément, il y a plus d’arrêts qu’ailleurs et cela n’est pas du tout pris en compte dans le logiciel de la Sécu. » Sans compter la précarité et la fragilité du public vénissian, qui font que le nombre d’arrêts peut aussi être supérieur à celui d’un autre territoire.

« Une dégringolade médicale »

Jusqu’à présent, avant la mise sous objectif, il était possible pour les médecins de demander une mise sous accord préalable (MSAP). Ils pouvaient justifier chacun de leurs arrêts auprès de la CPAM et ainsi éviter la mise sous objectif. Dans le projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales, il est prévu de supprimer les MSAP. « C’est aberrant d’être mis sous objectif alors qu’on ne connaît pas les tenants et les aboutissants ni le contexte pour chaque patient concerné, dénonce Hajer Rouissi. C’est une dégringolade médicale. Certains font tout ce qu’ils peuvent pour venir en aide à leurs patients, surtout dans un territoire comme Vénissieux où il y a un gros manque. Ils font des heures supplémentaires, ils travaillent alors qu’ils devraient être à la retraite et on remet leur parole en cause. On comprend le ras-le-bol médical. Un professionnel de santé n’a pas besoin de revoir un patient plusieurs fois pour savoir combien de temps il lui faut de convalescence, donc parfois il lui donne directement un arrêt long et comme ça, il n’a pas besoin de faire de prolongation. »

À Vénissieux, la grève des généralistes a été forte : il y a eu une baisse de près de 50 % de l’activité. La mobilisation a eu plusieurs visages : « Certains ont supprimé leurs rendez-vous, d’autres acceptaient seulement les urgences, décrit le docteur Dureau. Les patients ont été très compréhensifs, ils étaient informés en avance et ils savent que cette mobilisation est aussi pour eux. »

Les médecins libéraux spécialisés ont aussi été mobilisés. Ils ont, de leur côté, dénoncé un des textes portant sur le budget de l’Assurance maladie. La CPAM pourrait en effet revoir les tarifs des actes médicaux sans concertation avec les syndicats. Une « décision unilatérale » et « autoritaire » dénoncée par les soignants.

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