

Photo Christels Hornet
Le printemps arrive. Et les frelons asiatiques avec. Lorsque les températures maximales atteignent 15 °C trois jours d’affilée, les reines sortent du sol. C’est le moment de les piéger. Dans le département, trois structures collaborent pour capturer un maximum de reines fondatrices. La section apicole du GDS 69, le Groupement de défense sanitaire apicole du Rhône (GDSA 69) et le Groupement d’action sanitaire apicole du Rhône (Gasar) mettent leur expertise en commun. L’objectif est de limiter la formation de nouveaux nids et limiter la pression de prédation sur les abeilles et les dégâts sur la biodiversité.
« Les reines construisent tout d’abord un petit nid, explique Sandrine Orry, apicultrice professionnelle et coprésidente de la section apicole du GDS. Ces nids primaires sont accessibles. Ils sont souvent situés dans des garages ou des abris en bois. Ensuite, les gros nids s’établissent généralement dans les arbres ou les haies, dans des zones où les frelons asiatiques peuvent trouver de quoi manger : fruits, sucres et protéines. Ce n’est pas encore prouvé scientifiquement mais d’après ce qu’on observe, plus le piégeage est dense, moins on voit de nids se former. »
Deux modèles de pièges préconisés
Le GDS 69, le GDSA 69 et le Gasar sont partisans d’un « piégeage raisonné » et déconseille fortement la fabrication de pièges artisanaux. Car l’enjeu est de cibler les reines et de limiter les victimes collatérales que sont les autres insectes comme les mouches ou les papillons. « Nous veillons à utiliser les bons pièges, efficaces et sélectifs, justifie Sandrine Orry. Et à les placer aux bons endroits, en consultant notre carte en ligne. Nous avons validé deux modèles : le BeeVital, qu’on reconnaît avec ses deux ‘oreilles’, ainsi que le Vespacatch select. Le premier côute 35 euros. Le second, entre 12 et 14 euros mais est un peu moins sélectif. Leur financement est assuré par une convention signée avec les EPCI (communautés de communes, ndlr). Nous souhaitons impliquer davantage de citoyens car la lutte contre cette espèce invasive est l’affaire de tous. »
3 millions d’euros alloués au plan national de lutte
Dans un entretien exclusif accordé au groupe de presse Ebra, Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, annonce ce vendredi 27 mars la mise en œuvre du plan national de lutte contre le frelon asiatique dès cette anéne. Un plan que les apiculteurs attendent depuis la promulgation de la loi du 14 mars 2025. Cette loi vise à endiguer la prolifération de cette espèce inscrite sur la liste nationale des Espèces exotiques envahissantes (EEE) depuis 2018.
Concrètement, un budget de 3 millions d’euros par ans seront alloués à ce plan. « C’est déjà six fois plus que les 500 000 euros du Fonds vert, alloués l’an passé », précise le ministre à nos confrères. Si la priorité reste de financer les dispositifs de piégeage, cette enveloppe servira aussi à renforcer la recherche scientifique. Car l’enjeu est de cartographier l’impact de ce frelon à pattes jaunes, identifier les méthodes de lutte et mieux informer le grand public.
Selon l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), qui se base sur des études scientifiques récentes, le coût économique du frelon asiatique représente 6 millions d’euros par an pour la filière apicole et près de 12 millions pour la lutte, qui passe essentiellement par la destruction de nids.































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