

Nous sommes en 1990 et le régime de Saddam Hussein subit les bombardements américains. Le président va célébrer son anniversaire et tous les Irakiens sont concernés par l’événement. Ainsi, dans une classe du bord du fleuve, pour la fête qui aura lieu dans l’ensemble du pays, Saeed est-il chargé d’apporter des fruits et Lamia de confectionner un gâteau, sous peine de châtiment corporel s’ils ne le font pas. Tous deux sont âgés de neuf ans et issus de familles pauvres : Lamia vit avec sa grand-mère et le père de Saeed est un mendiant estropié. Les enfants se retrouvent dans la grande ville voisine, livrés à eux-mêmes, à la recherche des divers ingrédients.
Ils vont bien sûr devoir affronter quantité d’épreuves et la caméra, qui les suit, capte différents personnages et brosse le portrait de la société irakienne en temps de guerre, avec des passages à l’hôpital, dans un commissariat de police, dans des boutiques et dans les rues.
Hasan Hadi, le réalisateur, pose un regard tout à la fois chaleureux et ironique sur ses contemporains, assez proche de celui qu’avaient les Italiens à l’âge d’or de la comédie des années soixante. Comme ce jeune homme qui doit faire un mariage arrangé et n’a jamais vu sa fiancée. Victime d’un bombardement, il devient aveugle et son ami de conclure qu’au moins, il ne saura jamais si sa femme est moche et que c’est une chance !
Avec une Caméra d’or obtenu à Cannes l’an dernier et une nomination aux Oscars pour le meilleur film étranger, Le Gâteau du président est un conte chaleureux comportant des séquences qui font froid dans le dos, tel ce défilé dans les rues à la gloire du dictateur, avec des gamins exaltés criant ses louanges.
Ce film est visible jusqu’au 3 mars au cinéma Gérard-Philipe.





































Derniers commentaires