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« Tous les jours, les urgences reçoivent des blessés à la suite d’accidents de trottinette électrique », alerte Pauline Lethellier, pédiatre au service des urgences et de réanimation pédiatriques à l’hôpital Femme Mère Enfant (HFME) de Lyon. Dans un communiqué publié le 23 juillet, les Hospices civils de Lyon (HCL), groupement hospitalier dont fait partie HFME, mettent en garde les usagers de trottinettes électriques.
Ces dernières années, les soignants ont observé une « véritable explosion » de cas liés à des accidents avec ces véhicules. Les chiffres ont même atteint des « sommets » en 2025 et 2026. En 2021, seul un cas avait été recensé, contre 25 en 2025. Les HCL constatent des traumatismes crâniens ou abdominaux « avec des lésions touchant souvent le foie ou la rate ou des fractures des membres », liste Étienne Javouhey, chef de service d’urgence et réanimation pédiatrique.
Parmi les victimes, les pédiatres ont traité une majorité d’adolescents entre 14 et 15 ans. L’étude montre également que 68,2 % des accidents ont eu lieu sans qu’un autre véhicule soit impliqué et seraient donc dus à des pertes de contrôle ou des chutes isolées. « Il n’est pas rare que les parents comme les enfants sous-évaluent le risque, percevant la trottinette comme un véhicule inoffensif, affirme Pauline Lethellier. À titre d’exemple, nous avons eu le cas d’un adolescent qui en était à sa troisième chute grave avec fracture d’une vertèbre cervicale et donc un risque de paralysie ».
La vitesse, facteur aggravant
En France, la vitesse maximale autorisée est de 25 km/h. Celles que l’on trouve en libre-service peuvent également être limitées à 6 ou 10 km/h dans les zones piétonnes. Pourtant, bon nombre des véhicules personnels sont débridés et peuvent atteindre des vitesses jusqu’à 45 km/h voire plus. Cette vitesse excessive peut être un danger, surtout lorsqu’on ne porte pas le matériel de protection adéquat.
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Une réglementation existe depuis 2019 pour les utilisateurs. Il est notamment interdit aux jeunes de moins de 14 ans de conduire une trottinette électrique. Elles sont aussi interdites sur les trottoirs et on ne peut pas être plusieurs sur le véhicule. Pour les mineurs, le port du casque est obligatoire, alors que pour les adultes il est fortement recommandé. « Nous observons un comportement à risque avec un faible respect des règles, ce qui place les utilisateurs de trottinettes sur la route avec les voitures, dans des situations d’accident similaires aux deux-roues motorisés », constate Pierre Petitet, interne en neurochirurgie.
Pour l’ensemble des professionnels de santé, il est impératif que les utilisateurs portent un casque, ce qui pourrait éviter « la plupart des lésions crâniennes observées ». Ils appellent également à changer la réglementation et à la rendre obligatoire pour tous ainsi qu’à faire plus de prévention.
