Photo Emmanuel FOUDROT
Ils étaient une vingtaine de personnes réunies, ce lundi 18 mai, dans la salle communale Paul-Langevin. Parents, habitants et enseignants se sont retrouvés pour échanger sur la situation des lycées de la ville. Depuis maintenant plus de dix ans, les lycées Sembat-Seguin et Jacques-Brel alertent sur leurs conditions d’enseignement : classes surchargées, manque de moyens humains et financiers. « Il y a une certaine hypocrisie du rectorat, estime Patrick Samzun, enseignant et représentant syndical au lycée Sembat-Seguin. Ce qui se passe est clair et net, on a de nombreux bilans qui montrent les difficultés que l’on rencontre. Pourtant, quand on en parle au rectorat, on nous dit : “Vous avez les mêmes besoins que les autres établissements.” »
Du côté du lycée Jacques-Brel, la situation est analogue : « Nous avons l’un des indices de position sociale les plus bas de l’Académie du Rhône, déclare Margot Béal, représentante syndicale pour le lycée des Minguettes. Nous avons des élèves qui peuvent être en difficultés scolaires et des enseignants qui sont non remplacés ou remplacés temporairement. Beaucoup arrivent et essayent de repartir très rapidement. Pour les profs et pour les élèves, c’est très dur de travailler dans ces conditions. »
Ces dernières années, de nombreuses actions ont été menées par les équipes enseignantes. Pour cette réunion publique, l’objectif était donc de rencontrer les parents et habitants de Vénissieux, de faire connaître leurs difficultés puis de réfléchir avec eux à de nouvelles mobilisations qui pourraient voir le jour.
Photo Emmanuel FOUDROT
Saïda et Samsul sont deux mamans qui ont souhaité faire le déplacement pour échanger avec les enseignants. Leurs enfants sont au lycée Sembat-Seguin. « Ça fait plusieurs mois qu’on est spectatrices des conditions délétères dans lesquelles évoluent les enseignants et nos enfants, assurent les deux femmes. Les profs font un travail remarquable avec peu de moyens. Il est important qu’on se mobilise également, qu’on appuie leurs actions. La réponse du rectorat est déplorable alors que les enseignants alertent depuis de nombreuses années. Il est aussi temps que le gouvernement prenne conscience de la gravité de la situation. »
Tous les participants s’accordent sur une chose : que le ministère de l’Éducation nationale classe de nouveau les lycées dans les dispositifs REP et REP+. Depuis 2015, seules les écoles primaires et les collèges peuvent accéder à ces dispositifs, qui regroupent des établissements situés dans des quartiers prioritaires et leur permettent de bénéficier de moyens supplémentaires, avec pour objectif de réduire les inégalités scolaires. Une enseignante du lycée Sembat-Seguin témoigne : « Avec le dispositif REP et REP+, ils sont accompagnés de la primaire au collège puis, quand ils arrivent au lycée, plus rien. Ils se retrouvent dans des classes surchargées, avec moins de soutien, moins de prise en charge. La transition est très dure. »
L’adjoint à l’éducation et à l’enfance, Jean-Paul Crouzet, était présent pour apporter son soutien aux enseignants et aux familles présentes. « Je souhaite saluer le fait que les enseignants continuent de se mobiliser, a déclaré l’élu. Les parents cherchent aussi à faire bouger les choses et je trouve ça bien. Il y a besoin de quantifier ce dont les établissements ont besoin, individuellement, avec des demandes précises. Il faut mener des combats sur des demandes légitimes. »
La prochaine date à retenir est le jeudi 21 mai à 13 heures. Enseignants, parents et habitants sont attendus nombreux devant le rectorat pour faire entendre leurs revendications. Ensuite, le cortège prendra la direction de la préfecture.
