

Photo Marie Forest
Artiste invité dans le cadre de la Fabrique des histoires par La Machinerie, qui regroupe le Théâtre de Vénissieux et l’équipement « Bizarre ! », Sean Hart est tout à la fois poète et plasticien. Il mène avec une vingtaine d’enfants et d’adolescents (« 10 ados, précise-t-il, et 10 de 9-11 ans »), choisis par le centre social Eugénie-Cotton, des ateliers baptisés Voix entrelacées.
« Le but est de les guider vers la création, de leur faire découvrir plusieurs facettes du métier d’artiste. Je les ai fait dessiner, écrire des phrases de l’ordre du slogan et inventer des histoires, qu’ils vont ensuite placer dans l’espace public. Cela me fait moi-même rebondir par du texte. »
Sean les a également amenés dans des expositions, comme celle de Joséfa Ntjam, à l’I.A.C. de Villeurbanne, qui parle des luttes anticoloniales. « Cela leur ouvre plein de fenêtres ! »
Au cours de treize séances, les participants ont écrit un conte, La Quête des oiseaux. « Nous avons déjà quatre pages et ce n’est pas fini. Une fois finalisé, le texte sera enregistré par les enfants. Nous allons faire également une bande-son avec des bruits ambiants et réaliser une fresque. »
Pour l’instant, le mur qui accueillera ce travail est déjà en repérage mais Sean a déjà une idée. « Celui de la Division-Leclerc, où un appartement a brûlé, m’intéresse. Il nous faut l’accord d’Alliade Habitat, partenaire du projet. Leur histoire parle de guerre et d’un conflit de chasseurs et d’une fleur céleste qui maintient l’équilibre de l’univers en temps de paix. Elle s’inscrit dans l’époque où ils vivent mais elle reste porteuse d’espoir. L’œuvre sonore sera écoutée publiquement en avril, lors du festival Raffut. »
La visibilité des langues étrangères
Ce nouveau rendez-vous de La Machinerie se tiendra sur trois jours, du 23 au 25 avril, au théâtre et à « Bizarre ! ». Quant au mur choisi, il accueillera une fresque et les dessins réalisés par les enfants et les jeunes. « Le projet, rappelle Sean, évolue en fonction de ce qu’ils font. »
Comment s’est-il retrouvé sur un projet vénissian, lui qui vit à Saint-Étienne ? Sean répond qu’il est déjà venu ici en 2009, avec une compagnie théâtrale. « Duniému Bourobou, la directrice de La Machinerie, connaissait mon travail et les textes que je peins dans l’espace public, en français ou dans une langue étrangère. La visibilité de ces langues l’intéressait. L’histoire écrite par les enfants sera traduite avec l’aide des parents. »
Quant à ses jeunes artistes, Sean les trouve « plein de créativité ». « Ils sont parfois durs à canaliser mais, en petits groupes ou seuls, c’est super facile. Ils ont besoin d’être écoutés et on constate une vraie progression au fur et à mesure des ateliers et que la confiance gagne du terrain. Au début, l’objectif était abstrait mais, à présent, ils voient où le projet va. On avance parfois lentement, parfois plus rapidement. »
Le collage de tous les éléments se fera aux alentours du 22 avril.


Photo Marie Forest


































Derniers commentaires