

Qu’on ne se laisse pas abuser par le titre du nouveau roman de Nicole D’Alatri, Angelina mon amour . Car, s’il est question d’amour, ce n’est pas seulement celui d’un jeune couple qui va se marier mais plutôt celui que l’autrice voue au pays d’origine de ses parents, l’Italie, à sa famille et aux traditions, le tout bercé par un sentiment de paradis perdu.
Après Un fromage qui pique, dans lequel elle racontait avec beaucoup de verve le départ d’Italie et l’arrivée dans le quartier du Laquay, à Vénissieux, Nicole n’a pu patienter : « Une fois fini ce premier livre, j’avais encore envie d’écrire. Je ne savais pas sur quoi partir. Une kinésiologue m’avait dit qu’il y avait, dans ma famille, un sort qui avait été jeté à mon arrière-arrière-grand-mère. Une nuit, cela m’est revenu et je me suis dit : pourquoi ne pas écrire une histoire sur ce sujet ? J’avais mon thème principal ! »
Après neuf mois d’écriture et sept à trouver un éditeur, l’ouvrage a été publié en juillet aux éditions Maïa. Et Nicole nous en livre quelques détails. « J’ai pensé à une tante que je n’avais pas connue, Angelina. Elle était la grande sœur de ma mère et est morte à 18 mois. J’en ai fait le personnage principal. Dans la fiction, elle a une vie tout à fait normale : elle est guérisseuse, elle adore les plantes, elle est empathique, montre de l’amour pour autrui et la famille. C’est une bonne et belle personne ! »
Chemises noires contre partisans
Pour les autres figures du roman, Nicole puise à nouveau autour d’elle : « J’ai donné comme époux à Angelina quelqu’un qui ressemble au frère de mon père, mort à Catane, en Sicile, lors de la Seconde Guerre mondiale. Tous les gens décrits sont membres de ma famille, surtout les défunts qui portent l’histoire. Mes parents apparaissent aussi avec leurs vrais prénoms et j’ai fait de mon père un militant anti-fasciste. La petite-fille d’Angelina prend modèle sur ma propre petite-fille. La plus grande partie du récit se déroule en Italie, à Alatri, le village de mes parents dans la Ciociaria — une région entre Rome et Naples —, mais je parle aussi de l’immigration en France, avec l’arrivée au chemin du Laquay. L’histoire démarre en 1915 avec la mariage d’Angelina et Amato et couvre les deux guerres jusqu’à nos jours. »
Nicole se donne entière à son récit, spago et ciocia comme le dit une chanson locale (ce qui signifie lacet et chaussure). Elle prend plaisir à mélanger des souvenirs familiaux et de la fiction. « L’histoire des trois Anglais parachutés à Alatri est réelle. Lorsque j’étais enfant, elle était racontée par mes parents et leurs amis. Quand mon père en parlait, c’était lui qui aidait l’aviateur blessé mais chacun s’appropriait le sauvetage. »
Ce « besoin de se reconnecter », tant à la famille qu’aux amis, va plus loin. Tous les personnages portent les noms de connaissances, de cousins, jusqu’au propre mari de Nicole qui apparaît sous le patronyme italianisé de Terenzio. Elle les présente d’ailleurs toutes les semaines, à l’aide de petites vidéos, sur sa page Facebook. « J’adore tellement parler d’eux ! »
« Écrire donne du plaisir, commente Nicole, mais cela peut devenir énergivore tant on y met de la frénésie. L’écriture devient prioritaire sur tout et on n’a plus envie de s’arrêter. J’ai décidé de faire une pause et de revenir à mes premières amours, le chant, en m’investissant dans une chorale. »
« Angelina mon amour » de Nicole D’Alatri, éditions Maïa, 120 pages, 18 euros. Disponible chez l’éditeur (frais de port gratuits) et sur les plateformes Fnac, Cultura, Amazon, Decitre.
Signatures
Nicole D’Alatri dédicacera son livre sur les marchés de Noël du 30 novembre à l’espace Jean-Monnet de Sérézin-du-Rhône et du 13 décembre à la Halle des sports de Ruy-Montceau. Elle sera encore le 14 mars à l’espace culturel Leclerc à Bourgoin et le 29 mars au Festival pour lire de Saint-Quentin-Fallavier.
Elle sera également présente le 6 décembre, entre 14h30 et 17h30, à la salle Concorde (10, avenue de la Gare à Saint-Priest). L’association Ua-Lione, dont elle est membre, organise un grand karaoké, avec assiette dégustation de produits italiens. Entrées : 14 € pour les adhérents et 19 € pour les non adhérents. Réservations impératives avant le 30 novembre. Réservation sur Helloasso.

































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