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Mahamoud M’Saidie passe du roman au théâtre avec « Un drôle d’hébergement »

L’auteur vénissian Mahamoud M’Saidie publie aux éditions Anibwé une comédie théâtrale sur l’hospitalité et l’imposture.

Quelques mois après la sortie de son roman J’ai épousé un Blanc, l’auteur vénissian Mahamoud M’Saidie revient sur le devant de la scène avec, cette fois, une pièce de théâtre : Un drôle d’hébergement. « J’ai chez moi beaucoup de classeurs avec des textes qui ne sont pas terminés, explique ce dernier. Je les reprends et me dis que ce sujet, qui m’intéresse, ne mérite pas que j’y passe six mois ou un an. Il faut le traiter plus rapidement et j’opte alors pour le théâtre, plus rapide à écrire qu’un roman. Mon dernier, J’ai épousé un Blanc, m’a pris beaucoup de temps. Je traitais beaucoup de thèmes : le racisme, la culture, les coutumes, les religions Dans un roman, je peux davantage développer le sujet. »

L’action d’Un drôle d’hébergement se déroule à Bobigny. Un couple de Comoriens, Karizombo et Zana, décide d’accueillir dans son appartement un jeune homme, Djamnazi, qui vient suivre des études à Paris. Or, dès le début de la pièce, une évidence saute aux yeux de Karizombo, le mari : l’invité n’est pas celui qu’il prétend être mais son frère Mnamwézi. À partir d’une histoire de jumeaux substitués, Mahamoud M’Saidie entraîne le lecteur dans une comédie qui pourrait faire penser à Molière et à son vieil homme, Géronte, dont se moque Scapin. Sauf qu’ici Karizombo n’est pas aussi naïf qu’il paraît.

Sur ses possibles influences, l’auteur répond : « Je lis beaucoup et j’ai toujours beaucoup lu. Mais je n’ai jamais été fan d’un auteur. J’aime ce qui est original. Si je m’accrochais à un auteur particulier, je serais tenté de faire comme lui, de reproduire ses intrigues ou son style. Je peins également et je dessine, ce qui facilite mon écriture. »

L’idée de départ est née d’une histoire qu’on lui avait racontée quand il était à l’université, sur une personne hébergée qui s’était mal comportée. « Quand je commence à écrire, j’ai beau faire un plan, je m’y tiens rarement. Ce plan m’aide, comme une esquisse pour une peinture, mais je fais ensuite de gros écarts. Le sujet est là mais des éléments indépendants viennent le gonfler ou le rétrécir. »

Trois personnages, tous sympathiques

La force d’Un drôle d’hébergement est de n’avoir que trois personnages, tous sympathiques, y compris le manipulateur. Les situations s’enchaînent et se compliquent, un mensonge en entraîne un autre et l’on prend plaisir à lire les dialogues amusants et à suivre les différentes étapes de la pièce, jusqu’au finale auquel on ne s’attend pas. « J’utilise un langage oral, simple et clair, qui soit facile à jouer. »

Mahamoud ne laisse aucun détail au hasard. Ainsi le nom des jumeaux. « Djamnazi est un prénom qui a disparu depuis longtemps. Aux Comores, on utilise à présent beaucoup de prénoms arabes. Djamnazi signifie « Comme un cocotier ». Cet arbre est très riche, on construit des maisons avec ses feuilles, on utilise ses racines pour faire du feu et on mange son cœur. Quant à Mnamwézi, il peut se traduire par « Petite lune ». La jeunesse de Zana, l’épouse de Karizombo, ne lui permet pas de connaître tout cela. Quant à la sympathie que dégagent les personnages, je ne voulais pas installer la haine entre eux. Il me fallait éviter les bagarres. Je voulais un mari ridicule, objet de moqueries, mais pas méchant. »

À présent, Mahamoud aimerait trouver un metteur en scène intéressé pour monter son texte. Que demande en effet une pièce de théâtre, sinon d’être présentée sur une scène ? C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Un drôle d’hébergement de Mahamoud M’Saidie, édition Anibwé, 10 euros.

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