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Culture

« De Viniciacum à Vénissieux » : la belle histoire de notre ville

Paru en décembre, l’ouvrage de Gérard Petit et de l’association Viniciacum est le fruit de cinq années de recherches sur l’histoire locale et d’écriture. Il en résulte un très beau livre de près de 500 pages, copieusement illustré et riche en découvertes.

Photo Emmanuel Foudrot

Soulagés, les membres de l’association Viniciacum le sont sûrement, eux qui ne s’étaient sans doute pas rendu compte de l’ampleur du travail. Car le livre du fondateur de l’association, Gérard Petit, travaillé depuis cinq ans, cumulait au départ un total de 1300 pages. Gérard en avait éliminé 400 mais il en restait encore 900 que les correcteurs — Marie-Danielle Bruyère, Mireille Rouffanche et quelques autres — ont ramené à près de 500 pages. Prévu initialement pour les Journées du Patrimoine en septembre, De Viniciacum a Vénissieux a dû être retardé suite à divers problèmes pour sortir finalement en décembre. De quoi faire un très beau cadeau de Noël !

Copieux est le premier qualificatif qui vient à l’esprit. Le livre entre dans les détails, prend plaisir à creuser les différents sujets et proposent plusieurs faits historiques nouveaux et étonnants. Bien sûr, Gérard Petit regrette la cure d’amaigrissement de son ouvrage mais il peut être rassuré : on remarque, à la lecture du livre, le sérieux des recherches et leur approche scientifique. Il n’est qu’à consulter les nombreuses sources citées.

Détails passionnants et listes

L’intérêt de De Viniciacum à Vénissieux est de mêler adroitement la grande Histoire à la petite. La première est représentée par les origines de Vénissieux, la période révolutionnaire, les deux guerres mondiales, la présence des rosiéristes, les usines Berliet, la construction des Minguettes avec une série de dates-clefs, etc. Autour de ces grands événements, Gérard Petit prend soin de mettre en valeur des figures locales : Mme Berger, les sœurs Cottin, les pharmaciens Lapras, les sœurs du Prado, Jeanne Chavret… Il cite également les noms des poilus morts à la guerre, la liste des rosiéristes présents sur la commune en 1931, quelques noms de familles espagnoles et italiennes résidant à Parilly, ceux des victimes des bombardements de 1944, une « liste non exhaustive des agriculteurs et maraîchers », les commerces de 1946, quelques élèves du lycée Hélène-Boucher reconnus dans leur profession ou la liste du personnel religieux des différentes paroisses.

Le livre est riche en découvertes. On apprend ainsi que Raoul Follereau, à l’origine de la Journée mondiale des lépreux, se réfugia pendant la Seconde Guerre mondiale chez les sœurs de Notre-Dame-des-Apôtres. Que les paroissiens de l’Immaculée Conception, au Moulin-à-Vent, ont écrit en 1867 à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, pour « un secours d’argent ». Gérard Petit a retrouvé le nom des signataires de la missive mais constate également l’absence de réponse impériale. Ou, qu’entre 1903 et 1905, la municipalité de Lyon, dirigée par Victor Augagneur, voulait annexer le hameau du Moulin-à-Vent. Ou encore que le 22 août 1938, deux avions, partant de la base de Bron, se percutent au-dessus du lieu-dit du Petit-Parilly, causant la mort de six membres d’équipage.
Les détails abondent et ne sont pas oubliées les actions de Viniciacum sur la redécouverte des rosiéristes, avec l’émission de timbres et le corso fleuri de 1999 — belle idée qui reprend celle de précédents corsos, le dernier ayant eu lieu en 1948.

On peut se procurer l’ouvrage, au prix de 45 euros, auprès de l’association Viniciacum : viniciacum.fr


Gérard Petit et Mireille Rouffanche : Rigueur et coupes

L’auteur et l’une des correctrices de De Viniciacum à Vénissieux répondent à nos questions.

 

– Il est beaucoup question des différentes paroisses de Vénissieux. Pour quelles raisons ?
Gérard Petit : Depuis longtemps, l’association organisait des visites de l’église de Parilly, un bâtiment intéressant construit par les ouvriers de Berliet. Il y avait les vitraux, l’histoire du père Billot puis celle des usines. Les gens, y compris le prêtre, ne cessaient de nous demander un ouvrage sur ce sujet. Je m’y suis mis. Mais si je parlais de l’église, je devais parler du quartier… et des autres églises de Vénissieux. Puis des autres quartiers, etc.

– D’où ce livre sur l’ensemble de la ville. Comment avez-vous procédé pour vos recherches ?
G.P. : Mireille Rouffanche et Alain de Carolis m’ont aidé. Ils m’ont amené aux archives de Lyon et Grenoble. Nous nous sommes beaucoup servi des journaux, Le Progrès et Expressions. Nous avions aussi des documents de Claude Dilas, créateur de la première société d’histoire de la ville. On veut toujours aller plus loin et le moindre détail demande des heures de recherche. J’aime faire le lien entre les histoires locale, régionale et nationale.
Mireille Rouffanche : Gérard aime beaucoup écrire et les 900 pages qu’il nous a livrées ont été réduites de moitié. Nous avons supprimé tout ce qui n’était pas directement lié à Vénissieux. Il avait ainsi écrit tout un paragraphe sur Jeanne d’Arc, avec des renseignements que l’on pourra trouver ailleurs.
Gérard Petit : C’était pour montrer son importance. Enfant, j’ai connu un poilu de 14/18 qui vivait à la résidence Henri-Raynaud. Communiste et syndicaliste, il racontait que sa mère lui avait envoyé un portrait de Jeanne d’Arc pour le coudre sous ses vêtements pendant la guerre. Pour moi, tout est important !

– À propos des archives, n’est-il pas difficile de lire les plus anciennes ?
M.R. : J’ai pris des cours de paléographie. Les plus anciennes sont très dures à comprendre. Les médiévales sont en latin.

– Vous évoquez aussi avec beaucoup de chaleur des personnages qui ont marqué la ville pendant le XXe siècle.
G.P. : Ce sont des histoires qui viennent de mon enfance ou de mes parents. Je voulais également mettre en valeur le présent. Ainsi, je suis admirateur du service des espaces verts de Vénissieux, qui a décoré le 8e congrès mondial des roses à Lyon.

– Vous avez moins écrit sur la Seconde Guerre mondiale, la Résistance puis, dans l’après-guerre, les luttes syndicales dans les usines ?
G.P. : Tout cela avait été très bien raconté par Maurice Corbel dans ses deux livres historiques écrits sur Vénissieux. Je ne voulais pas être répétitif.

– Combien de temps ont duré l’écriture et la relecture ?
G.P. : J’ai fait toute ma vie des recherches sur Vénissieux mais l’écriture du livre a mis cinq ans.
M.R. : Nous avons eu le manuscrit au début de l’été 2022, avec Marie-Danielle Bruyère et le comité de relecture. Nous l’avons relu trois fois pour élaguer, puis il a fallu placer les photos. On pensait que ce serait rapide mais cela n’a pas été simple.

Aux lecteurs

Quelques erreurs à corriger

À peine le livre était-il paru que Gérard Petit et les membres de Vinicacum ont aperçu quelques coquilles qu’ils nous ont demandé de corriger.

Ainsi, page 172, la légende de la photo (« Familles du quartier ») devient : « rue Jules Ferry, familles Martinez, Bailly, Bensémoun. »
Page 213, l’image ne représente pas M. Casalegno, comme indiqué, mais bien Pierre Pédréno.
Enfin, page 250, il s’agit de Fanfan Vogric.

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