Ces bornes, installées dans des espaces clos, permettent aux patients d’échanger avec un médecin en toute confidentialité.
À Vénissieux, comme dans beaucoup d’autres villes de France, l’accès à la santé est une vrai parcours du combattant. Pour beaucoup, la solution passe par les plateformes de prise de rendez-vous en ligne. Rania en a fait l’expérience. Elle habite à Vénissieux depuis trois ans et n’a toujours pas de médecin traitant. « Au début j’ai demandé à mes voisins s’ils connaissaient quelqu’un mais tous étaient complets, se désole-t-elle. Donc en général je vais sur Doctolib. »
Depuis quelques années, des bornes de téléconsultation ont fait leur apparition. Elles permettent aux patients d’avoir un rendez-vous avec un médecin généraliste en visio, mais surtout d’avoir accès à de nombreux outils, comme s’ils consultaient physiquement un docteur. « Ils peuvent prendre leurs constantes, explique Frank Chastenet, directeur commercial de Medadom. Ils ont à leur disposition un thermomètre, un tensiomètre. Il y a un otoscope pour examiner les oreilles et ils peuvent aussi mesurer le niveau d’oxygène dans leur sang. »
Un parcours de soin complet
Cette entreprise a des bornes installées dans des pharmacies, des mairies, des entreprises ou encore des universités. À Vénissieux, on recense cinq bornes de téléconsultation, dont deux gérées par Medadom, l’une à la pharmacie des Minguettes, l’autre à la pharmacie de la Rotonde.
Les consultations sont confidentielles, les rendez-vous sont pris sur Doctolib et les patients doivent ensuite se rendre dans la structure où se trouve la borne. « Il y a un parcours de soin complet, assure le directeur commercial. Une fois la consultation terminée, une ordonnance est adressée et des arrêts de travail peuvent aussi être délivrés. »
« On a de bons retours », observe cette pharmacienne vénissiane. Depuis 2021, son officine est dotée d’une borne Medadom et chaque jour, elle voit entre deux et trois patients accéder à ce service. « Il peut y avoir entre cinq minutes et une heure d’attente, notamment pendant les vacances où il y a une grosse demande. Beaucoup viennent pour des gastro, des grippes, des otites ou même des entorses. Ensuite, les patients ont une ordonnance et ils sont directement là pour récupérer leurs médicaments. »
Répondre au manque de demartologues
Pour cette pharmacienne ces dispositifs peuvent être une solution, mais elle y voit aussi quelques limites : « j’aurais préféré qu’il y ait plus de médecins sur le terrain que derrière un écran mais nous n’avons pas le choix », regrette-t-elle.
Cette observation, des médecins l’ont aussi faite. Ils dénoncent notamment une « ubérisation de la médecine ». Frank Chastenet dit « comprendre les craintes » face à cette nouvelle technologie. Mais il rappelle avant tout que ces bornes ont été créées en réponse au manque de médecins : « On essaie de rendre service aux patients le plus vite possible et éviter la saturation des urgences. Cette solution palliative va dans le sens de l’histoire. »
Le prochain objectif de Medadom est de répondre au manque de dermatologues. D’ici peu, les bornes seront dotées d’un dermatoscope. Ce nouvel appareil permettra aux patients de prendre en photo leurs lésions cutanées. Ensuite un diagnostic pourra être fait sous 48 heures.
