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Idir Boumertit élu sur le fil

Ce dimanche 22 mars, il a fallu attendre les remontées du dernier bureau de vote pour connaître le nom du nouveau maire de Vénissieux. Et au finish, c’est Idir Boumertit qui s’impose de 25 voix.

Photo Emmanuel Foudrot

Les soirées électorales ont parfois des allures de chassé-croisé, notamment lorsque l’on scrute les résultats au fil des remontées des bureaux de vote. Mais un chassé-croisé du niveau de celui connu le 22 mars à Vénissieux, pour le second tour des municipales ? Il faut sans doute se creuser les méninges pour en trouver un comparable, dans une ville d’une telle taille.

Rembobinons : il est près de 20h30 lorsque les premiers bureaux de vote — qui ont fermé à 19 heures — communiquent à l’hôtel de ville les conclusions de leurs dépouillements. La liste conduite par Idir Boumertit s’affiche en tête. Très légèrement, mais elle devance  celle conduite par le maire sortant, Michèle Picard. Cela ne dure pas : dix minutes plus tard, après les remontées de dix bureaux, les positions s’inversent. Quinze minutes passent encore, cinq bureaux arrivent, et Idir Boumertit repasse devant.

Alors que 21 heures approche et que les résultats de 20 bureaux sur 29 sont connus, Michèle Picard repasse devant, pour 62 voix. À la faveur de quatre nouveaux bureaux, Idir Boumertit la devance, avec 103 voix d’avance sur le maire sortant.

Et puisque le suspense se devait d’être présent jusqu’au bout, Michèle Picard refait la course en tête après 26 bureaux, après 27 bureaux, après 28 bureaux… d’une centaine de voix, avant que n’arrivent les résultats de Léo-Lagrange. Et ces derniers changent tout : Idir Boumertit y obtient 256 voix, contre 108 pour sa rivale communiste. Les positions s’inversent une dernière fois, et la liste conduite par celui qui est encore député de la 14e circonscription du Rhône s’impose.

Les résultats finaux ? 4 020 voix (34,11 % des suffrages) pour la liste « Faisons mieux pour Vénissieux » conduite par Idir Boumertit, 3 995  (33,90 %) pour « Unir, résister, agir, Ensemble pour Vénissieux », conduite par Michèle Picard. Derrière les deux candidats de gauche, le centre uni à la droite et l’extrême droite n’ont pas existé : « Vénissieux Plurielle » a obtenu 2 409 voix (20,44 %) et « Retrouver Vénissieux ! », 1 361 voix (11,55 %).

Le tout, avec une participation toujours faible, mais en très légère hausse par rapport au premier tour : le 22 mars, 12 045 Vénissians (38,30 %) se sont déplacés aux urnes, contre 11 650 (37,06 %) le dimanche précédent.

Plus de 1 000 voix supplémentaires pour Boumertit

Alors, que retenir des dynamiques de ce second tour ? Tout d’abord, bien sûr, qu’Idir Boumertit a su refaire son retard sur le maire sortant : devancé de 269 voix le 15 mars, il s’impose au finish de 25 voix. La liste d’union de la gauche hors LFI semblait avoir pourtant mis toutes les chances de son côté en attirant à elle celui qui souhaitait incarner une troisième voie à gauche, Mokrane Kessi. Le président de l’association France des Banlieues était arrivé cinquième au premier tour, avec 686 voix, soit 6,05% des suffrages.

La liste conduite par Michèle Picard a ainsi gagné 781 voix en une semaine. Insuffisant : celle conduite par Idir Boumertit a profité d’une plus forte mobilisation, avec 1 075 voix supplémentaires entre les deux tours.

Parmi les autres candidats qualifiés pour le second tour, Pascal Dureau et la liste « Vénissieux Plurielle » n’ont pu que légèrement bonifier leur score du 15 mars. L’ensemble droite-centre glane 145 voix supplémentaires. Et à l’extrême droite, Quentin Taïeb, empêtré dans une affaire qui pourrait conduire à l’annulation du scrutin (voir par ailleurs), est en net recul : il passe de 1 966 voix à… 1 361.

La fin de 90 ans de communisme municipal

Ce 22 mars 2026 restera dans l’histoire locale le jour qui a marqué la fin de 90 ans de communisme municipal, commencés avec Ennemond Romand en 1935. La droite et le centre s’y étaient cassé les dents : Jean-Pierre Communal-Haour, Christophe Girard, Yves Blein ont successivement échoué à prendre la ville au PCF. Le socialiste Lotfi Ben Khelifa également, en 2014 puis 2015. L’insoumis Idir Boumertit, qui fut membre de la majorité municipale entre 2001 et 2026, est finalement celui qui a réussi à renverser la table.


Et maintenant ?

La liste « Faisons mieux pour Vénissieux » obtient 33 sièges au conseil municipal, contre 8 pour « Unir, résister, agir, Ensemble pour Vénissieux », 5 pour « Vénissieux Plurielle » et 3 pour « Retrouver Vénissieux ». Le conseil d’installation, au cours duquel le maire sera élu par les conseillers municipaux, se tiendra ce samedi 28 mars.


Une annulation du scrutin possible ?

Ces élections municipales pourraient être, dans les prochains mois, annulées. En effet, le candidat d’extrême droite Quentin Taïeb aurait été placé, selon nos confrères du Progrès, en garde à vue début mars dans le cadre d’une enquête ouverte pour « inscription indue sur une liste électorale par déclaration frauduleuse ou faux certificat ». De quoi altérer la sincérité du scrutin et conduire à un retour aux urnes ? Il faudra sans doute patienter plusieurs mois pour le savoir. En attendant, c’est bien Idir Boumertit qui passe aux manettes.

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