C’est un rendez-vous annuel à Vénissieux. Depuis 2012, à l’occasion du 8 mars, journée internationale qui célèbre les droits des femmes, la Ville de Vénissieux organise le festival Essenti’elles. L’édition 2026 avait pour thématique « Femmes vectrices de paix, ici et ailleurs ». Pendant plusieurs jours, de nombreux événements se sont déroulés dans la commune : projection, lecture, concert ou encore conférence.
Mercredi 4 mars, le festival a débuté au centre d’art Madeleine-Lambert, avec l’exposition de la sculptrice Célia Coëtte, baptisée Rendez-vous, rue du Repos (visible jusqu’au 30 mai), à laquelle s’ajoutait la restitution de la résidence artistique de Juliette Pénélope Pépin (visible jusqu’au 23 mai). Si la seconde a fabriqué des amphores et autres vases de style antique, puisant dans le passé archéologique et historique de la commune — en rendant également hommage aux rosiéristes vénissians —, la première propose un curieux assemblage de structures métalliques portant des vêtements ou semblables à une toile d’araignée, de curieuses boules mobiles dotées d’une bouche et des tapis de danse métalliques.
On pouvait ensuite glisser vers le Théâtre de Vénissieux pour découvrir Blanche-Neige, histoire d’un prince, mis en scène par Michel Raskine. Un spectacle qui, lui aussi, évoque la fatigue, celle d’un noble vieillissant et de sa Blanche-Neige. Le très amusant texte de Marie Dilasser s’adressait au jeune public dès 8 ans, mais les adultes l’ont vivement apprécié, tant les saillies et les allusions contemporaines (écologistes et féministes) n’échappaient à personne.
« La paix passera toujours par une femme »
Vendredi 6 mars, des tables rondes prenaient place à l’école de musique, en partenariat avec le centre associatif Boris-Vian, les centres sociaux de la ville et la maison de quartier Darnaise. Trois espaces de parole étaient proposés : être une femme et faire la paix au quotidien ; la transmission de la paix, de la culture et de l’espoir ; et les obstacles à l’action des femmes dans un processus de paix, de violence et de résistance.
Les participantes – certaines faisaient issues d’associations locales telles que Femmes tchadiennes, Neessa ou le Mouvement de la paix – ont évoqué leurs peurs, leur sentiment d’illégitimité lorsqu’il s’agit de partager leur opinion, les obstacles rencontrés pour retrouver la paix dans leur foyer… Elles ont également partagé leurs inquiétudes face au contexte international. « La paix passera toujours par une femme, pas par les hommes, estimait l’une d’elles. On a le sentiment que les politiciens, la plupart du temps des hommes, n’arrivent plus à faire la différence entre le bien et le mal. »
