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Monmousseau : la petite barre à terre, la démolition des tours repoussée

Alors que le grignotage de la petite barre ICF est achevé, Alliade Habitat a dû décaler la démolition des trois dernières tours du quartier.

Les trois tours Alliade seront finalement démolies en 2027

Le relogement des résidents des trois tours de Monmousseau devait être terminé le 31 décembre 2025, pour une démolition programmée début 2026. L’échéance a finalement été repoussée d’un an. Sur 173 appartements, 29 sont encore habités. Seules 20 familles ont accepté de déménager courant 2025.

Les 29 « irréductibles » attendent donc aujourd’hui la proposition qui les fera quitter ce quartier en pleine transition. Les derniers locataires des trois tours ne restent pas par gaîté de cœur. Tous auraient préféré ne pas connaître les derniers mois de ces grands immeubles construits à la fin des années 1960. « Entre le deal, le squat et le manque d’entretien, ce n’est pas évident, s’agace un père de famille. La nuit, on dort mal avec tous ces jeunes qui font du bruit sur la place du marché. »

La situation ne convient pas non plus au bailleur, qui engage des fonds et aimerait donc accélérer le mouvement. Seulement, trouver le logement idéal, assorti d’un loyer qui reste dans le budget du ménage, n’est pas une mince affaire. « Alliade m’a proposé un T4 à Parilly à 1 300 euros, confie un sexagénaire. Je ne peux pas le prendre. Comme je suis bientôt à la retraite, je n’aurai pas les moyens. Il y a aussi un appartement à L’Isle-d’Abeau. Mais ma famille vit à Vénissieux. Qu’est-ce que j’irais faire là-bas ? »

« On a toujours trouvé des solutions »

Le bailleur social reconnaît la complexité du dossier. « Nous avons besoin de trois T2, sept T3, dix T4 et neuf T5-T6, explique Alliade Habitat. Nous manquons de logements correspondants, en particulier pour les grandes typologies. Beaucoup de familles souhaiteraient rester à Vénissieux, de préférence dans des résidences récentes, à des étages et des allées spécifiques. Cela complexifie la chose. Pour les loyers, le service relogement vérifie que ceux-ci soient en adéquation avec les ressources de la famille. »

Habitué des casses-têtes des fins de relogement dans les opération de renouvellement urbain, Pierre-Alain Millet, adjoint municipal au logement et au Grand projet de ville, estime que l’aspect financier est l’un des deux principaux freins, avec le manque d’offre sur le territoire : « Forcément, quand on passe d’un logement des années 1970 à du neuf, le prix peut passer de 3 à 6 euros au mètre carré. Le bailleur en tient compte : le taux d’effort ne peut pas être supérieur à 30 % des revenus du foyer. »

Toutefois, l’élu communiste ne doute pas d’une issue favorable aux locataires : « Le rythme de sortie est supérieur à celui des autres quartiers concernés par le renouvellement urbain. On a toujours trouvé des solutions, que ce soit pour la grande barre ICF ou pour les tours de la Darnaise avec GrandLyon Habitat. Il n’y a aucune raison qu’on n’y arrive pas ici. Si on finit en septembre, ce sera très bien. Ce serait quand même bien qu’il y ait un dispositif inter-bailleurs pour prioriser les offres et régler tout cela en trois mois. »

L’historique boucherie du Soleil relocalisée à Vénissy

La boucherie du Soleil a trouvé un point de chute à Venissy

Les commerces en pied d’immeubles ont fermé en début d’année. La boucherie du Soleil, le snack L’Oasis et la boulangerie Baraka, regroupés au 2, rue Gaston-Monmousseau, juste en face du marché des Minguettes, ont déserté les lieux. Le petit cabinet médical, composé d’un médecin et de deux infirmières, a fait de même.

Si la boulangerie n’a pas été relocalisée, les deux autres commerces ont rouvert ailleurs à Vénissieux. L’historique boucherie du Soleil est finalement restée sur le Plateau et a opté pour un emplacement plus stratégique. Début février, son gérant a repris les locaux qu’occupait la boucherie Slimani à Vénissy, entre la boulangerie Janna et Veny Optique. L’Oasis a opté pour le centre-ville. Le snack, connu pour ses tacos, burgers et kebabs, s’est implanté rue Président Edouard-Herriot, en lieu et place de la crêperie La Fraîche. Quant au médecin généraliste, son cabinet est situé aux Minguettes, rue des Martyrs-de-la-Résistance.

Adieu, petite barre…

La petite barre ICF disparaît du paysage

Sa démolition, entamée en janvier, ne fait pas autant de « bruit » que celle de sa grande sœur. Pour rappel, la grande barre Monmousseau, qui abritait 197 familles, fut dynamitée le 2 avril 2021. Malgré tout, la déconstruction de la « petite » attire les regards des passants, surtout les jours de marché.

La pelle haute portée, qui réduit en miettes cet ensemble de 87 appartements, assure le spectacle. « En une semaine, elle tombe, explique un responsable de chantier. Ensuite, il y a beaucoup de travail au sol avec les gravats. »

L’Immobilière des chemins de fer habitat Sud-Est Méditerranée (ICF) espère que tout sera entièrement rasé et déblayé en février-mars. « Des fouilles archéologiques sont prévues pendant deux ou trois mois, précise le bailleur. Ensuite, nous terminerons la démolition des sous-sols et des fondations. »

L’opération de relogement-démolition, chiffrée à 5,3 millions d’euros, est subventionnée pour plus de moitié par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (2,8 millions d’euros). La participation de la Métropole de Lyon est fixée à 275 000 euros.

Tout raser pour aménager la ZAC Marché-Monmousseau-Balmes

Démolir pour mieux reconstruire. C’est le principe d’une opération de renouvellement urbain. D’ici une dizaine d’années, la ZAC Marché-Monmousseau-Balmes prendra forme. Ce programme d’envergure, inscrit au Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU), vise à relier le Plateau et le centre-ville. Sur ce périmètre de 22 hectares, 500 vieux HLM auront été rayés de la carte.

Plus d’un millier de logements seront bâtis. Le projet comprend la requalification de la place du marché, l’aménagement du parc Ana-Maria-Primavesi, la construction du gymnase du lycée Jacques-Brel et une nouvelle crèche.

Une fois les démolitions des vieux bâtiments effectuées, les bailleurs sociaux céderont leur foncier à la Métropole de Lyon, le maître d’ouvrage.

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