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Pédopsychiatrie en crise : de pire en pire

Le collectif de pédopsychiatrie de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu dénonce des conditions de travail « catastrophiques ».

Saint-Jean-de-Dieu (Lyon 8e) est l’hôpital psychiatrique de secteur dont fait partie Vénissieux.

« Nous vivons une situation dramatique, notre mission de service public n’est plus assurée », alerte le collectif de pédopsychiatrie de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Depuis le mois de mai, les soignants tirent la sonnette d’alarme sur leurs difficultés à maintenir une offre de soins dans les secteurs I11 et I12 de l’hôpital. Ces zones couvrent les territoires de l’ouest, du sud et du sud-est du Rhône ainsi que la métropole de Lyon, dont Vénissieux.

En cause : une nouvelle organisation interne, la fermeture de plusieurs structures et un manque criant de personnel soignant. Le collectif dénonce notamment une « situation explosive » depuis la fermeture, fin juillet, de l’Unité d’accueil et d’orientation pour les adolescents du territoire. Cette structure jouait un rôle central en orientant les jeunes en fonction de leurs besoins.

« Bombe à retardement »

De son côté, la direction de l’hôpital défend un nouveau projet d’établissement mené en concertation avec l’Agence régionale de santé (ARS). « Nous souhaitons recentrer les prises en charge des adolescents au sein des Centres médico-psychologiques (CMP), détaille Xavier Rebêche, directeur général de Saint-Jean-de-Dieu. Certaines consultations de long cours ne relèvent plus exclusivement de la psychiatrie, mais davantage du médico-social et de l’éducatif. »

Pour le collectif, face à la saturation actuelle, les CMP ne sont pas en mesure d’accueillir une nouvelle tranche d’âge dans leurs services. « Actuellement, au CMP de Vénissieux, nous traitons les demandes de prise en charge datant de 2022. Nous priorisons les urgences, mais nous ne sommes pas en capacité d’accueillir en plus les adolescents. Il n’existe plus aucun lieu permettant une prise en charge en santé mentale pour les 12-18 ans sur le territoire », déplore le collectif.

Pour les soignants, l’urgence est réelle. De nombreux jeunes nécessitant un suivi se retrouvent en grande fragilité, sans aucune solution de soins. « C’est un drame à tous les niveaux et une bombe à retardement pour la société. Nous entendons la souffrance des parents et des jeunes, mais nous sommes impuissants. Pour la direction, les soins longs ne sont plus rentables, on pense à la sortie du patient avant même qu’il commence son parcours de soins, c’est inhumain », témoignent-ils.

Vague de départs

Depuis plusieurs mois, l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu connaît également une vague de départs de médecins. Le collectif, qui rassemble, entre autres, des infirmiers, des psychologues, des psychiatres et des orthophonistes, s’est uni pour interpeller la direction et l’Agence régionale de santé (ARS). « Les départs de professionnels et les arrêts maladie se multiplient. Il existe une désorganisation institutionnelle majeure, une dégradation continue des conditions de travail et un sentiment profond de mépris de la part de la direction. »

Un médecin témoigne anonymement : « Ma charge de travail s’est alourdie, je ne me suis plus senti écouté ni soutenu par la hiérarchie de pôle ou par les instances de régulation de l’hôpital. Mes conditions d’exercice n’étaient plus suffisantes pour me prémunir d’une erreur médicale. Lorsque je signalais que les capacités d’accueil de mes équipes étaient dépassées, on me répondait qu’il s’agissait d’un problème d’organisation. »

Des difficultés de recrutement

De son côté, la direction de l’hôpital défend des « réunions régulières » pour échanger avec les soignants . « Les départs observés ne sont pas uniquement liés à cette réorganisation, mais à des facteurs multiples », affirme le directeur, Xavier Rebêche.

Face aux difficultés de recrutement médical — un phénomène national — la direction indique financer des formations pour des infirmiers afin qu’ils accèdent au statut d’infirmiers en pratique avancée (IPA) : « Nous poursuivons les recrutements, nous avons quelques touches et avons recours à l’intérim médical pour compléter les lignes et coordonner les filières. »

Le collectif, quant à lui, réclame une intervention urgente de l’Agence régionale de santé : « Nous sommes extrêmement inquiets pour la jeunesse. Sans une réponse rapide, nous allons droit vers une situation sanitaire catastrophique. »

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Dominique

    25 décembre 2025 à 7 h 28 min

    La psychiatrie est devenu le parent pauvre de l’hospitalisation publique. Pourtant l’hospitalisation des jeunes évite l’évolution de la maladie mentale Saint Jean De Dieu n’aura plus les moyens de soigner en amont, avant que le diagnostique ne soit dramatique pour l’adulte. Brader la psychiatrie pour les jeunes, comme en ce moment, c’est aller vers de graves difficultés sociétales pour l’avenir. Le soutien aux équipes soignantes de cet établissement est indispensable.

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