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Depuis quelques jours, Pascal Dureau, qui conduira la liste « Vénissieux Plurielle » aux prochaines élections municipales, est victime d’une offensive de la sphère de l’extrême droite. Le magazine et site internet « Frontières » l’a attaqué le 14 décembre dans un article qui s’étonne « des soutiens venus de LR et de Renaissance, malgré ses alliances passées ». Le média identitaire précise qu’en mars 2020, « la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) avait dénoncé la présence, sur une liste déjà menée par Pascal Dureau, de Mounir Grami, qui avait été soutenu en 2012 par le Parti antioniste, dissous par décret en 2019 ».
Le lendemain, ces propos ont été repris sur le réseau TikTok par Quentin Taïeb, candidat du Rassemblement national et de l’UDR pour le scrutin des 15 et 22 mars prochains à Vénissieux. Une charge qui vise personnellement de Dr Dureau, mais aussi les partis de centre-droit et de droite traditionnelle qui le soutiennent pour ces municipales, accusés de complaisance idéologique.
Pascal Dureau a réagi ce mardi 16 décembre dans un communiqué de presse. « Je le dis clairement : ces attaques proviennent de personnes se revendiquant du Rassemblement national qui cherchent à salir et diviser », dénonce-t-il. Avant de rappeler qu’il n’avait « pas connaissance d’éléments relatifs au passé de Mounir Grami » quand ce dernier a rejoint sa liste, et que « la mise en cause de la Licra est intervenue le 12 mars 2020, après le dépôt des listes en préfecture, rendant toute modification impossible ».
Le Dr Dureau souligne également qu’il n’a « jamais prononcé de propos racistes ou antisémites », et fait valoir « une histoire familiale qui porte ces valeurs, avec des grands-parents, instituteurs dans la Drôme, reconnus « Justes parmi les Nations » pour avoir recueilli et protégé plusieurs enfants juifs pendant la Seconde guerre mondiale pour les soustraire aux rafles nazies ».
« Ces amalgames n’ont qu’un but, conclut Pascal Dureau : diviser et attiser les tensions. »
Le soutien des Républicains
Les Républicains de Vénissieux ont également réagi à la polémique en réaffirmant, dans un communiqué de presse, leur « plein soutien à M. Dureau, injustement mis en cause ». Les élus de droite pointent des méthodes « inacceptables », qui consistent à « accuser sans preuve, salir par l’amalgame, (…) des pratiques [qui] affaiblissent la lutte réelle contre l’antisémitisme et portent atteinte au débat démocratique ».
Désignant l’extrême droite sans toutefois jamais la nommer de façon explicite, les Républicains de Vénissieux ajoutent : « Un fossé politique, moral et républicain nous sépare désormais clairement de celles et ceux qui recourent à ces procédés ».
Droit de réponse de Quentin Taïeb
M. Quentin Taïeb, candidat de la liste « Retrouver Vénissieux » (UDR-RN), cité dans l’article ci-dessus relatif au communiqué de presse publié par M. Pascal Dureau, a souhaité exercer son droit de réponse, comme l’y autorise la loi.
Conformément à l’article 4 du décret n° 2007-1527 du 24 octobre 2007 relatif au droit de réponse applicable aux services de communication en ligne et pris pour l’application du IV de l’article 6 de la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, nous publions cette réponse à la suite de l’article en cause.
« Pascal Dureau, ancien candidat socialiste, conduit aujourd’hui une liste composite et opportuniste, mêlant des sensibilités allant de proches d’Eric Zemmour à Renaissance version Macron, en passant par quelques Républicains en quête de recyclage politique. Cette recomposition artificielle ne trompe personne. Pour tenter de masquer ses renoncements passés, M. Dureau se drape désormais dans des actes qui ne sont pas les siens, mais ceux de ses grands parents envers la communauté juive. Cette posture ne peut effacer l’évidence : l’intégration en 2019 de Mounir Grami sur sa liste, ancien candidat soutenu par un parti antisioniste et aujourd’hui proche de la France insoumise, n’est pas un détail anodin. Monsieur Dureau affirme n’avoir eu aucune connaissance du passé militant de M. Grami. Cette affirmation est incompatible avec les faits. Dès 2019, plusieurs articles de presse, accessibles publiquement, détaillaient son parcours et ses engagements politiques. M. Grami, dans son communiqué de presse récent, confirme avoir travaillé pendant plus d’un an avec M. Dureau sur le programme de la liste, avoir co-dirigé la campagne, et que son passé politique n’a jamais posé le moindre problème au sein de l’équipe. Ces déclarations contredisent frontalement l’idée d’une ignorance totale invoquée a posteriori. Pour sa décharge, M. Dureau n’a jamais résidé à Vénissieux ni même dans la métropole lyonnaise. cette distance territoriale est peut-être le seul argument recevable au sujet de son ignorance. Cependant il fut militant socialiste dans la même section, que M. Grami. Son ignorance relève donc soit d’une amnésie sélective, soit d’un mensonge assumé. À l’ère d’Internet, et avec une affaire déjà médiatisée par la LICRA, une simple recherche aurait suffi pour connaître le passé de son ex-colistier. Aujourd’hui, M. Dureau prétend qu’il n’aurait pas été en mesure de retirer M. Grami de sa liste. Pourtant, il ne s’en est jamais désolidarisé , l’ayant promu et intégré dans des fonctions stratégiques de campagne, comme le confirme le propre communiqué de M. Grami, Dureau lui a permis de porter les idées qu’il dit dénoncer. Quand au soutien actuel de responsables politiques à M. Dureau – Ludovic Almeras pour Renaissance, Aurélien Arnould pour Les Républicains, Maurice Iacovella pour l’UDI, et Marie-Danielle Bruyère pour le groupe Unis pour Vénissieux contraste avec leurs alertes passées sur ses choix et accointances politiques. Ceux qui dénonçaient hier cautionnent aujourd’hui. Nous refusons ces lâchetés et ces renoncements. Le débat politique doit se fonder sur la clarté des faits et la responsabilité, pas sur la réécriture opportuniste d’un passé connu de tous. »
Quentin Taïeb

Mino
18 décembre 2025 à 8 h 03 min
Décidément les campagnes électorales prennent un relent nauséabond. Des groupes sans existence reconnue se permettent de diffuser sur le net de « soi-disant » infos totalement erronées et pensent ainsi récupérer des voix. cela est avoir une piètre connaissance de la politique qui est un engagement sérieux et honnête. Honte à ces méthodes.
Grami
17 décembre 2025 à 1 h 02 min
http://mounir-grami.blogspot.com/2025/12/municipales-venissieux.html