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Médiation nomade : « des graines semées » contre la violence

Depuis le début de l’été et jusqu’à fin septembre, une camionnette du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente) s’installe le mercredi soir dans le quartier Léo-Lagrange pour proposer boissons et gâteaux et échanger avec les habitants.

Vous ne pouvez pas la louper, la camionnette orange du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente). On la voit de loin et c’est le but de sa couleur et de ses jolies fresques, signées Yab, artiste-graffeur de Vienne (Isère). Depuis le début de l’été, elle s’est installée tous les mardis à Saint-Fons et les mercredis à Vénissieux, dans le quartier Léo-Lagrange, entre 20 heures et minuit. Une tasse de thé ou un verre de soda, quelques gâteaux et ceux qui désirent discuter sont les bienvenus.

« En termes d’affluence, estime Nina, une étudiante de Sciences Po Lille qui est en stage au MAN, nous avons eu des hauts et des bas avec parfois beaucoup de monde et parfois pas. Mais l’accueil a toujours été très sympa de la part des habitants. Nous avons eu beaucoup de mamans et d’enfants mais pas seulement. »

Elle fait écho aux « nombreuses conversations intéressantes », aux échanges, aux « personnes très à l’écoute ».
Ce soir-là, la camionnette est stationnée rue Maurice-Ravel et de nombreux enfants viennent se régaler d’un verre, d’une chips ou d’un gâteau avec les bénévoles du MAN. On trouve là Nina, Florence, Cyril et Hugo mais aussi Paule et Gérard Legrand. Eux connaissent bien le quartier puisqu’ils ont tous deux enseigné au collège Paul-Éluard, situé à quelques encablures.

Paule souligne « la fidélité qui s’est installée », Hugo « le nombre élevé des 15-22 ans, qui s’est monté à une vingtaine en juillet ». « Parfois, renchérit-il, nous avions entre 25 et 35 enfants, avec leurs parents. Nous sommes aidés sur le terrain par les éducateurs et les médiateurs. »

Ces médiations nomades ont été initiées en région parisienne par Yazid Kherfi, un ancien braqueur devenu sociologue et désireux d’apporter son témoignage sur l’emprisonnement.
« Le président Hollande avait exprimé sa volonté d’un travail dans les quartiers, explique Cyril, et Yazid a été contacté. Comme il parlait de nous, des officiels sont venus nous voir. »
Le but était de faire le même genre d’action dans trois communes de la Métropole. Deux sont restées : Saint-Fons et Vénissieux. Cyril et Florence insistent sur les rencontres qui se créent chaque soir, des parents aux tout-petits en passant par les ados et les jeunes adultes. « Des graines semées », évoque encore Florence, qui insiste sur le respect mutuel qui s’instaure dans les discussions.
L’opération va durer jusqu’à fin septembre. Un bilan sera ensuite dressé avant d’essayer de la renouveler en 2018.

Prochains rendez-vous :
19 et 26 septembre, 20 heures – minuit : Saint-Fons, square de l’Europe ;
20 et 27 septembre, 20 heures – minuit : Vénissieux, rue Maurice-Ravel.

 

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