« Musiques en héritage », les 5 et 6 novembre au Théâtre de Vénissieux (Photo Jean-Louis Fernandez)
Quand elle évoque la saison 2026-27 de La Machinerie, Duniému Bourobou, directrice de la structure qui regroupe le Théâtre de Vénissieux et l’équipement de musiques actuelles « Bizarre ! », revendique sa volonté de surprendre le public et de « donner place à des récits moins entendus et moins valorisés ». Elle ajoute : « Nous voulons également continuer le travail à destination de la jeunesse, avec une offre spécifique pour les adolescents. »
Il s’agit encore d’« inviter des formes qui repensent la place du spectateur, avec des propositions très populaires ». Elle met en avant une initiative forte, mise en place cette saison : la programmation hors les murs. « Nous voulons parcourir le territoire vénissian, mobiliser d’autres publics, de nouveaux partenaires et de nouvelles structures. »
Elle cite deux spectacles qui seront joués à l’automne (Ma République et moi) et au printemps (Mon royaume pour un cheval).
Duniému reprend : « Nous avons travaillé la programmation pour que le public navigue entre « Bizarre ! » et le théâtre. Ainsi, il n’y aura pas que du rap à « Bizarre ! », mais aussi de la danse. Comme Hold Fast, duo porté par la danseuse chorégraphe Marion Alzieu avec un danseur de krump. Nous programmons encore à « Bizarre ! » le spectacle jeune public Track, dans lequel un beatboxer dialogue avec un train mécanique. Et, au théâtre, nous aurons des rappeurs et des slameurs. Le but est de circuler dans ce projet singulier qu’est La Machinerie sans assigner une esthétique particulière à un lieu. »
Trois projets de création et plusieurs coproductions
Les projets de création seront au nombre de trois cette saison, à commencer par cette appétissante Pastasciutta antifascista de casa Cervi de Floriane Facchini. « On raconte l’histoire à travers du théâtre culinaire », commente Duniému Bourobou. En 1943, une famille italienne cuisine des pâtes pour tout un village afin de célébrer la destitution de Mussolini, ce qui est inacceptable pour le régime fasciste. « La pièce questionne l’apprentissage des gestes culinaires et la place de la nourriture. »
« Les Clairvoyantes », les 11 et 12 février au Théâtre de Vénissieux (Photo Célia B.)
La deuxième création, participative, sera autour de la cartomancie avec Les Clairvoyantes et son duo de magiciennes. Dans la troisième, Fidélité(s), mise en scène par Ali Esmili, une jeune femme qui fait partie de l’équipe espoirs de foot doit choisir entre l’équipe de France et celle du Maroc. « Ce spectacle parle d’appartenance, d’origines et de famille. »
Pour les coproductions, dont fait également partie Pastasciutta, Duniému cite le deuxième spectacle de Logan de Carvalho, déjà présent avec [Rakatakatak], qui va s’interroger sur la représentation sur scène de l’heroic fantasy, « avec un fond politique fort ». Et Bâtir de Salim Djaferi, « sur l’urbanisme français, imprégné par les politiques coloniales ». Enfin, Les Voix de Carmen est inspiré tout à la fois de la nouvelle de Mérimée et de l’opéra de Bizet, avec Camelia Jordana qui jouera et signera la création musicale.
« Nous aurons beaucoup de musique, cette saison, avec une comédie musicale de Ludmilla Dabo, Musiques en héritage. Elle réunit cinq chanteurs et accomplit une véritable fouille archéologique dans les héritages musicaux de leurs familles. »
Une question primordiale est posée cette saison par l’équipe de La Machinerie : comment aborder des sujets de société importants ? Et comment les artistes peuvent-ils leur donner de la force et les traiter, tout en étant sérieux, avec joie et liberté ? Ainsi en est-il de Camille Constantin da Silva qui, avec Gildaa, « invente un univers singulier très joyeux ».
En première partie de ce spectacle, Le Chœur des chansons lointaines de Xavier Machault réunira des propositions de chansons en langues étrangères.
Et musique bien sûr à « Bizarre ! » avec la venue de Danyl, Zinée, Sheldon, etc.
Zinée, le 20 novembre à « Bizarre ! » (Photo Rafaelle)
Changement de direction avec Je suis venu.e pour rien de Maïanne Barthes qui s’intéresse à l’ennui, avec deux espaces sur le plateau représentant un abribus et un bureau. « La saison dernière, Maïanne a mis en scène le projet Quartier libre avec de jeunes ados, souligne Duniému. Lequel sera confié, pour cette saison, à Logan De Carvalho. »
L’accessibilité
Pour que les spectateurs profitent mieux de la programmation, l’équipe de La Machinerie met un soin particulier à l’accessibilité. « Au niveau de l’accueil, précise Maxime Donot-Saby, le secrétaire général, nous proposons des casques pour des problèmes de sensibilisation aux sons. Nous aurons également des objets lumineux dans la salle pour rassurer les enfants ayant peur de l’obscurité. Des spectacles seront également en LSF (langue des signes française) et d’autres seront en audiodescription. Nous proposerons également une garderie pendant les spectacles, les P’tites coulisses, qui a bien marché cette année pour Raffut, dans la salle Albert-Rivat. Elle concerne des enfants de 4 ans et plus, coûte 5 euros par enfant et sera mise en place les 6 novembre, 15 janvier et 9 avril. C’est une question d’hospitalité pour faciliter la vie de certains spectateurs. »
Jeune public : adoucir la réalité
Commençons par les tout-petits qui bénéficient de deux spectacles : Track, déjà mentionné ci-dessus, et WoooOOOoool qui mêle théâtre, musique et création textile.
Pour les plus grands, Dans la grotte de Myriam Boudenia se situe « avant le début des créatures, avec des humanimaux. Sur la scène, un plasticien dessinera à vue ».
Autre spectacle très étonnant, L’Endormi de Sylvain Levey, histoire d’une petite fille dont le frère est dans le coma, sera constellé de chansons de Marc Nammour et montrera la frontière ténue entre le théâtre et le rap, avec une idée précise : comment faire vivre aux plus jeunes l’expérience d’un concert ?
« Papy Quichotte », au Théâtre de Vénissieux le 31 mars (Photo Christophe Raynaud de Lage)
Bien qu’étiqueté lui aussi « jeune public », Papy Quichotte d’Elsa Granat conviendra à une audience beaucoup plus large. « Une petite fille, résume Duniému, vit avec un grand-père atteint d’une maladie neurodégénérative, qui se prend pour Don Quichotte. » Ou comment, selon Elsa Granat, « les fictions, dans nos vies, sont parfois nécessaires pour adoucir la réalité ».
Programme
19 septembre, « Bizarre ! » : Fête de rentrée
3 octobre, « Bizarre ! » : 34Murphy + Artel + Nobodylikesbirdie
Du 7 au 9 octobre, « Bizarre ! » : Hold Fast
10 octobre, « Bizarre ! » : Gars sûrs municipaux and Friends
15 octobre, « Bizarre ! » : Danyl + Cyrious
5 et 6 novembre, Théâtre de Vénissieux : Musiques en héritage
13 novembre, Théâtre de Vénissieux : Fidélité(s)
Du 17 au 20 novembre, hors les murs : Ma République et moi
20 novembre, « Bizarre ! » : Zinée
Du 25 au 28 novembre, Théâtre de Vénissieux : Dans la grotte
26 novembre, « Bizarre ! » : Sheldon
12 décembre, « Bizarre ! » : Track
Du 6 au 9 janvier, Théâtre de Vénissieux : WoooOOOoool
15 janvier, Théâtre de Vénissieux : Gildaa
21 et 22 janvier, Théâtre de Vénissieux : La Pastasciutta antifascista de casa Cervi
28 et 29 janvier, Théâtre de Vénissieux : Je suis venu.e pour rien
4 et 5 février, Théâtre de Vénissieux : Nelvar, le royaume sans peuple
11 et 12 février, Théâtre de Vénissieux : Les Clairvoyantes
3 mars, « Bizarre ! » : Boum Kids
10 mars, Théâtre de Vénissieux : L’Endormi
16 et 17 mars, Théâtre de Vénissieux : Bâtir
25 et 26 mars, Théâtre de Vénissieux : Les Voix de Carmen
31 mars, Théâtre de Vénissieux : Papy Quichotte
Du 8 au 10 avril, Théâtre de Vénissieux et « Bizarre ! » : Raffut
27 avril, Théâtre de Vénissieux : Quartier libre
30 avril, « Bizarre ! » : Finale régionale de Buzz Booster
Du 7 au 11 juin, hors les murs : Mon royaume pour un cheval
Renseignements
Théâtre de Vénissieux : Maison du peuple, 8, bd Laurent-Gérin, Vénissieux
« Bizarre ! » : 9, rue Louis-Jouvet, Vénissieux
Accueil billetterie
Au théâtre, du mardi au vendredi, de 14 à 17 heures ; une heure avant les représentations
À « Bizarre ! », 30 minutes avant le début des concerts
Tarifs théâtre: de 5 à 19 euros – 10 euros pour les abonnements (spectacles tous publics)
de 5 à 8 euros – 5 euros pour les abonnements réduits (spectacles jeune public)
Tarifs « Bizarre ! » : de 5 à 25 euros – 8 à 14 euros pour les abonnements.
