« Trente enfants de trois-quatre ans dans une classe, ce n’est pas possible. Pour les enfants d’abord, mais aussi pour les enseignants et pour les parents. » Jeudi 28 mai, devant les locaux de la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), cette manifestante résume, en quelques mots, l’objet de la colère de la cinquantaine de personnes qui ont fait le déplacement jusqu’au 7e arrondissement de Lyon. Parmi elles, des représentants de l’école maternelle Parilly, mais aussi des écoles Paul-Émile-Victor, Lumière et Simone-Veil, toutes situées à Lyon 8e.
Car nationalement, 4 000 suppressions de postes d’enseignants ont été annoncées pour la rentrée de septembre 2026, qui vont se traduire par des fermetures de classes dans de nombreux établissements, dont une prévue à l’école maternelle de Parilly. « Nous dénonçons une vision court-termiste de la part de l’Éducation nationale, expliquait un parent d’élève. À Parilly, cela se joue à dix élèves près : c’est ce qu’il manque pour que la classe soit maintenue. Or, d’ici janvier, une nouvelle résidence va ouvrir dans le quartier, avec plus de 170 logements. L’école va donc accueillir de nouveaux élèves, sans doute le nombre manquant pour maintenir la classe. On va donc fermer une classe pour se retrouver avec des classes restantes surchargées, et des enseignants en difficulté à cause du nombre d’enfants. Faire classe à 23 ou 24 élèves, ce n’est pas pareil qu’à 27 ou 30 ! »
« Le sud-est lyonnais est fortement concerné par ces projets de suppressions, que ce soit Vénissieux, Saint-Priest, Feyzin, Corbas, regrettait Idir Boumertit, maire de Vénissieux et député de la 14e circonscription du Rhône. Ce n’est pas faute d’avoir interpellé, à plusieurs reprises, le gouvernement, parce qu’il y a un enjeu important dans ces quartiers populaires. »
Une décision définitive le 15 juin
Notons qu’une délégation, composée notamment de Jean-Paul Crouzet, adjoint au maire en charge de l’éducation et de Raphaelle Pereira, une mère d’élève à Parilly, a été reçue par la DSDEN. Ils ont pu expliquer leurs arguments, espérant être entendus avant que les fermetures ne soient actées. Le rectorat, pour sa part, a répété que les évolutions de la carte scolaire étaient dictées par une baisse démographique durable, nécessitant d’adapter progressivement le réseau scolaire.
« Un environnement d’apprentissage apaisé, ça passe par des classes allégées, synthétisait Cécile Labaronne, adjointe au maire du 8e arrondissement de Lyon en charge de l’éducation. Supprimer 4 000 postes dans l’éducation nationale, c’est un scandale, et ça montre que pour le gouvernement, nos enfants ne sont pas une priorité. »
Prochaine étape ? « Le 8 juin, l’inspecteur académique va envoyer son projet pour la rentrée, expliquait Frédéric Volle, responsable Éducation du syndicat Snudi-FO. On en saura plus à ce moment-là sur ce qui est conservé et ce qui ne l’est pas. Certaines fermetures pourraient être annulées, l’expérience montre que la mobilisation peut payer. Mais dans le cas contraire, entre le 8 et le 15 juin — le 15, une commission se réunira pour prendre des décisions définitives —, nous aurons un temps de mobilisation très important. La bataille n’est pas perdue d’avance, plus on est nombreux, plus on a de chances de garder nos classes ! »
