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Santé et action sociale : des tensions de recrutement persistantes

Le secteur sanitaire, social et médico-social manque cruellement de bras. Comme en témoigne Sonia Hassaim, chargée de recrutement pour l’entreprise Petits-Fils.

Photo Age-Cymru – Unsplash

Dévoilés le mercredi 13 mai, les chiffres du chômage ont de quoi inquiéter : le taux atteint 8,1 %, un plus haut depuis 2021. Certains secteurs peinent pourtant à trouver des candidats. En particulier celui de la santé et de l’action sociale, qui souffre d’un véritable manque d’attractivité.

Le nombre d’emplois à pourvoir y est en constante hausse. Pour 2026, il est estimé à 320 000 postes, et 500 000 seraient disponibles d’ici quatre ans. « Je pense même que les 500 000 postes seront nécessaires avant 2030, estime Sonia Hassaim, chargée de relations humaines. Nous faisons face à une population de plus en plus vieillissante qui aura besoin d’aide. »

Depuis quatre ans, Sonia Hassaim travaille pour Petits-fils, une entreprise d’aide à domicile destinée aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap, présente sur l’ensemble du territoire français et disposant de plusieurs agences à Lyon. « Être auxiliaire de vie est un métier très compliqué, psychologiquement et physiquement. On fait face à des personnes âgées, souvent isolées, ou à des handicaps parfois lourds. Il faut être très humain, on entre dans l’intimité des gens, dans leur foyer. »

Des rémunérations encore trop faibles

Près de 54 % des recrutements sont jugés difficiles dans le secteur, contre une moyenne de 43,8 % pour l’ensemble des filières. À cela s’ajoute un fort turn-over. Pour lutter contre ce phénomène, Petits-fils a mis en place plusieurs critères d’embauche lors de ses recrutements : au minimum trois ans d’expérience et un diplôme d’aide à la personne. « On est intransigeant là-dessus, assure Sonia Hassaim. Si une personne a trois ans d’expérience mais aucune formation, on peut lui proposer une certification. »

L’entreprise offre des conditions de travail adaptées aux salariés afin de les « fidéliser » : « On leur propose un salaire plus attractif, un planning en fonction de leurs disponibilités, des interventions de deux heures minimum et une sectorisation pour éviter les allers-retours. » Pourtant, elle rencontre tout de même des difficultés à trouver des candidats dans certaines parties du territoire lyonnais. « Je n’ai jamais eu de recrutement aussi challengeant que dans l’Est lyonnais, indique la chargée des relations humaines. Il est nécessaire que les personnes soient motorisées, et nous en trouvons peu. »

Pour lutter efficacement et durablement contre les difficultés de recrutement dans les métiers du soin et de l’accompagnement, Sonia Hassaim estime qu’il faut s’orienter vers une véritable revalorisation salariale : « C’est ce qui motive le plus les candidats, surtout avec le coût de la vie actuellement. Pour les aides à domicile, le salaire est juste un peu au-dessus du SMIC, alors que c’est un métier essentiel pour le bien-être des personnes accompagnées. »

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