Dahbia Regad, Soad Mebarki et Youssef Halouani, trois des membres de la toute nouvelle association vénissiane DEL
Si deux voyages en Algérie ont déjà été organisés avec le mouvement Les Voies de l’horizon, le troisième qui s’apprête à partir se fera avec la toute nouvelle association vénissiane DEL (Debout ensemble et libre). Du 2 au 9 mai, 25 personnes — de nombreux Vénissians mais pas seulement — se rendront à Alger, Sétif, Tipaza et Djemila. L’association de Vaise, OSM (On s’en mêle), sera également présente.
« Nous allons faire le même circuit que les deux premières fois, avec les mêmes objectifs », explique Soad Mebarki, la présidente de l’association. Entourée de deux autres membres de la structure, Dahbia Regad et Youssef Halouani — ils citent encore Nadia Benabess —, elle insiste sur l’importance de la commémoration de la date du 8 mai 1945, ce jour terrible où l’armée française commit des massacres à Sétif, Guelma et Kherrata.
« Nous allons nous recueillir tous ensemble car la transmission est importante. Nous espérons aussi apporter un message de réconciliation dans un climat qui est tendu entre nos deux pays. Nous venons en tant que Français et Algériens, avec un désir de paix. »
Le groupe sera accompagné par deux élus de la nouvelle municipalité vénissiane, la première adjointe Monia Benaïssa et l’adjoint au logement et à la culture Farouk Ababsa . « Ils feront des interventions », poursuit Soad, qui rappelle : « Beaucoup de journalistes nous attendent là-bas. L’an dernier, nous étions passés sur les chaînes nationales de télévision et à la radio. Nous allons également participer à la grande marche de la commémoration à Sétif, en présence du wali, l’équivalent du préfet, et du maire. Nous aurons l’honneur de participer à la prière aux martyrs, devant la stèle de Bouzid Sâal. »
Une promesse non tenue
Le 8 mai 1945, une manifestation fut organisée pour célébrer tout à la fois la victoire sur les nazis et revendiquer l’indépendance de l’Algérie. Bouzid Sâal brandit alors un drapeau algérien, ce qui était interdit par le gouvernement français. Alors qu’un policier lui demandait de baisser son drapeau, il refusa et fut abattu. C’est ainsi que débutèrent des massacres dont le chiffre des victimes varie de 5 000 à 30 000, ce dernier chiffre étant sans doute plus proche de la vérité.
Sur cette question de l’indépendance, Youssef parle de son grand-oncle qui a combattu dans les troupes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. « Il a fait Monte Cassino et bien d’autres batailles. On avait promis aux Algériens l’indépendance de leur pays, promesse non tenue. Ce drapeau sorti par Bouzid n’est pas le fait du hasard ! »
Soad, Dahbia et Youssef se souviennent de l’émotion ressentie, lors des deux précédents voyages. « La cérémonie était poignante, sous le regard des moudjahidines, les anciens combattants — il y en a encore. Nous avons appris beaucoup de choses sur l’histoire du pays. En France, on ne parle que de la période de la guerre d’Algérie mais il y a toute la colonisation, qui a duré 132 ans et qui a commencé par la lutte contre Abdelkader. L’an dernier, nous avons été invités à l’Assemblée nationale à Alger et nous le sommes encore cette année. »
Pour ce projet de voyage, l’association DEL a reçu plusieurs soutiens, que cite Soad : « Tawfik Khedim, le député de la diaspora des Algériens de France, Messaoud Guesri, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale algérienne, et Brahim Dekhinet, le député de la diaspora algérienne en Belgique, au Canada et aux États-Unis. Et le vice-consul à Lyon, Hichem Bourega, a délivré les visas à titre gracieux. »
