Faudra-t-il revoter ? Cette semaine, on a appris que deux recours ont été déposés suite aux dernières élections municipales, qui ont vu la liste du candidat insoumis, Idir Boumertit, l’emporter pour 25 voix. Ces recours ont été initiés, respectivement, par des soutiens et membres de la liste menée par Michèle Picard, « Unir, résister, agir, ensemble pour Vénissieux », et par la liste de Pascal Dureau, « Vénissieux Plurielle ».
« Au plan juridique, le très faible écart de 25 voix justifie ce recours ainsi que des éléments de contexte et de déroulement du scrutin ayant pu influer sur les résultats, assurent les soutiens et membres de la liste « Unir, résister, agir ». Nous avons d’ailleurs été sollicités par de nombreux électeurs qui nous demandaient d’effectuer cette démarche. Le tribunal administratif tranchera, nous avons confiance dans notre action qui, si elle aboutissait, entraînerait une nouvelle élection. Une avance de 25 voix, avec près de 20 000 abstentionnistes, dans ĺe contexte des derniers jours avant l’élection sur Vénissieux, ne traduit pas un choix définitif. La réorganisation des élections permettra aux Vénissians d’exprimer un choix incontestable. »
Le « contexte » évoqué par les soutiens de Michèle Picard, ancien maire de Vénissieux, c’est justement ce qui a poussé la liste « Vénissieux Plurielle » à déposer son recours. Car, pour ses membres, le scrutin a été marqué par « plusieurs manœuvres et irrégularités alléguées ».
Dans sa requête, « Vénissieux Plurielle » fait notamment valoir plusieurs éléments : « des soupçons portant sur les conditions de constitution et de maintien d’une liste concurrente, des interrogations sur l’usage de logos politiques susceptibles d’avoir induit des électeurs en erreur, des irrégularités d’affichage pendant la campagne, ainsi qu’un climat de campagne particulièrement dégradé marqué par des attaques personnelles. À ce stade, ces éléments relèvent de griefs soumis à l’appréciation du juge, qui devra les examiner dans le respect du contradictoire. Nous voulons le dire simplement aux habitants : lorsqu’une élection se joue à 25 voix, chaque irrégularité potentielle compte. »
Sans la nommer, c’est la liste menée par Quentin Taïeb qui est visée par Vénissieux Plurielle. Selon nos confrères du Progrès, le candidat aurait utilisé le logo du Rassemblement national sans en avoir officiellement l’autorisation, et il serait visé par une enquête ouverte pour « inscription indue sur une liste électorale par déclaration frauduleuse ou faux certificat ».
Il faudra dans tous les cas être patient : plusieurs mois seront nécessaires pour l’étude de ces recours et l’obtention d’une éventuelle décision de justice. À titre d’exemple, lorsque les élections municipales de 2014 avaient été annulées, le nouveau scrutin n’avait été organisé qu’au printemps 2015.