« Un de nos plus gros mouvements de ces dernières années. » C’est ainsi que, lundi 9 mars, Patrick Samzun (enseignant et représentant syndical à la cité scolaire Sembat-Seguin) qualifiait la grève lancée dans les deux établissements par l’intersyndicale CGT / Sud Éducation / SNES-FSU / SNFOLC. Soutenue par les parents d’élèves, la mobilisation a en effet été très suivie. Du côté du lycée professionnel, le taux de gréviste s’affichait à près de 80 % chez les enseignants et à plus de la moitié du côté du personnel de vie scolaire ; à Marcel-Sembat, lycée général et technologique, il s’établissait à 50 %.
En cause, les « difficultés structurelles » auxquelles fait face la cité scolaire. Les enseignants dénoncent notamment un manque de personnel, la suppression d’un poste de CPE et des classes surchargées. Ces contraintes entraînent de fortes dégradations des conditions de travail, d’après les équipes éducatives et de la vie scolaire.
Depuis janvier, le climat s’est de plus fortement tendu avec des jets de fumigènes dans l’établissement, des pétards lancés en classe ou encore des menaces envers le personnel. « Nos classes sont surchargées et on manque fortement de personnel, on ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions », alerte Patrick Samzun.
Une lutte contre le déterminisme social
La semaine suivante, mardi 17 mars, un autre mouvement a été lancé. Cette fois-ci par le collectif pour les lycées en éducation prioritaire (CLEP), qui réunit des établissements dans toute la France, dont le lycée Jacques-Brel et la cité scolaire Sembat-Seguin à Vénissieux. Au total, près de dix établissements se sont mobilisés lors de cette journée.
Du côté du lycée des Minguettes, les grévistes constatent des « incidents à répétition ». « Beaucoup d’élèves viennent de collèges situés en REP et REP+, constate l’un des enseignants mobilisés. Par contre, les lycées n’ont pas le droit à ces dispositifs alors qu’à Jacques-Brel, par exemple, nous avons 50 % de nos élèves qui sont boursiers, et ce chiffre est même plus important en lycée professionnel. Nous avons également un des indices de position sociale les plus bas dans l’académie. Face à ces difficultés, il est compliqué de lutter contre le déterminisme social, sachant qu’il est prouvé que nos élèves ont moins de chances de poursuivre dans des études supérieures. »
Pendant cette journée, les lycées vénissians et le CLEP ont notamment exprimé leur déception face aux dotations horaires globales (DHG) accordées à chaque établissement. La DHG est une enveloppe d’heures attribuée par l’académie à chaque collège et lycée, leur permettant d’organiser les enseignements obligatoires et optionnels sur la semaine. Pour les collèges situés en REP ou REP+, le nombre d’heures est majoré pour garantir de meilleures conditions d’enseignement et de réussite scolaire. « Nous constatons une nouvelle fois que les moyens sont totalement insuffisants pour répondre aux besoins de nos élèves », déplore le CLEP.
