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Congrès de l’Amicale de Neuengamme : de jeunes Vénissians à l’honneur

Du 30 janvier au 1er février, l’Amicale de Neuengamme tenait à Lyon son 39e congrès, organisé par Jean Curial, président de la section Auvergne/Rhône-Alpes. Avec plusieurs événements au programme, dont la présence de jeunes Vénissians.

Les élèves avec leur ancienne enseignante, Nadia Bachmar, et la préfète de région Fabienne Buccio

Le 39e congrès de l’Amicale de Neuengamme et de ses kommandos, qui regroupe des familles de détenus de ce camp de concentration situé au sud-est de Hambourg, s’est tenu à Lyon, du 30 janvier au 1er février. À l’affiche des événements proposés, on notait une visite du Mémorial national de la prison de Montluc et la présentation de leur spectacle Vénissieux la belle, la rebelle par les jeunes Vénissians de l’association Envole-moi Envolons-nous, présidée par Nadia Bachmar.

Nous en avons déjà parlé : cette enseignante de Louis-Pergaud a initié ce projet avec ses élèves d’une classe de CM1 il y a six ans. Aujourd’hui, Adem, Aymane, Amar, Amir, Brayane, Divine, Djibril, Guershom, Mariame, Salman et Suleyman le poursuivent au sein de l’association et sont scolarisés en seconde à Vénissieux (Jacques-Brel et Sembat-Seguin) mais aussi à Lumière, Lacassagne, Aragon-Picasso à Givors, La Martinière et Ella-Fitzgerald à Saint-Romain-en-Gal.

Le 30 janvier, devant la cinquantaine de congressistes présents, les jeunes ont félicité leur ancienne enseignante, avec qui ils ont passé « des années de travail et de réflexion ». Ils rappelèrent la phrase de Churchill que Nadia Bachmar cite volontiers : « Si le présent juge le passé, il perd l’avenir. »

Avec Nadia Bachmar et Jean Curial, président de la section Auvergne/Rhône-Alpes de l’Amicale de Neuengamme, lors de la présentation du spectacle « Vénissieux la belle, la rebelle » aux congressistes

Après la projection de la captation de leur spectacle, l’audience était conquise et les applaudissements crépitèrent. Les membres de l’Amicale eurent ensuite l’occasion de discuter avec les élèves, ce dont ils s’enthousiasmaient encore le lendemain.

Reçus en préfecture

Le 31 janvier, l’enseignante et ses anciens élèves, accompagnés par le chorégraphe vénissian Azdine Benyoucef, étaient invités à la cérémonie qui se déroulait à la préfecture, en hommage au préfet résistant Édouard Bonnefoy, interné à Montluc et Neuengamme et disparu en 1945 dans la baie de Lübeck, lors du naufrage des bateaux dans lesquels les nazis avaient entassé les déportés. Ce fut l’occasion pour les jeunes de rencontrer Fabienne Buccio, la préfète de la région Auvergne/Rhône-Alpes et du Rhône, et le magistrat Jean-Olivier Viout, qui fut substitut général lors du procès Barbie, en 1987.

Le magistrat Jean-Olivier Viout, l’enseignante Nadia Bachmlar, la préfète Fabienne Buccio et Jean Curial, de l’Amicale de Neuengamme

Lequel expliqua, lors du congrès : « L’Histoire n’a d’intérêt que si on en tire des leçons (…) Le fanatisme n’est pas mort en 1945. On ne naît pas bourreau ni fanatique, on le devient. C’est le même process avec les jeunes qui s’entourent le ventre de ceintures d’explosifs. J’ai rencontré Élie Wiesel au procès Barbie, qui disait que le bourreau tue toujours deux fois, la deuxième par l’oubli. Si le bourreau venait à tuer à nouveau, ce ne serait plus de sa faute mais de la nôtre. »

L’émotion à Montluc

Avec le violoniste ukrainien Akim, Jean Curial se recueille devant la cellule de Montluc où son père, résistant, fut interné avant d’être déporté à Neuengamme

Le 30 janvier, les congressistes eurent l’occasion d’aller au Mémorial national de la prison de Montluc, une excursion dont on ne ressort pas indemne. Grâce aux explications claires et efficaces de Séverine Koprivnik, la médiatrice culturelle, les visiteurs ressentirent l’émotion de se retrouver dans ces lieux où furent torturés et enfermés près de 11 000 personnes entre janvier 1943 et août 1944. Ce fut l’occasion, pour l’Amicale, de déposer une gerbe en leur hommage, tandis qu’Akim, premier violoniste de l’orchestre philharmonique de Kiev, aujourd’hui réfugié en France, entonnait le Chant des marais, celui des Partisans et quelques mélodies ukrainiennes, devant la gerbe puis devant la cellule où fut détenu le père de Jean Curial (le président de la section Auvergne/Rhône-Alpes de l’Amicale), avant d’être déporté à Neuengamme.

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