Les dépenses d’investissements permettront notamment de poursuivre la création de la Maison des Mémoires, dont l’ouverture est prévue en 2027
Lundi 2 février, les élus vénissians étaient appelés à valider le budget pour 2026, le niveau de la fiscalité locale, ainsi que les subventions aux associations et établissements publics rattachés à la ville. Des décisions financières classiques pour le premier conseil municipal de l’année. Sauf que ce conseil était aussi le dernier de la mandature avant les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Une particularité qui a pesé sur les échanges, parfois tendus, entre les élus.
Alors, que retenir de ce dernier budget du mandat 2020-2026, présenté par Véronique Callut, adjointe au maire en charge des finances ? Tout d’abord, qu’il a été construit en tenant compte de l’effort demandé par l’État (avec la baisse de la part forfaitaire de la dotation globale de fonctionnement, l’augmentation de la dotation de solidarité urbaine, et la forte baisse de la compensation de la réduction de taxe foncière des établissements industriels), à hauteur de 2 milliards d’euros — contre 4,6 milliards dans le projet de loi de finances initial. Ensuite, on retiendra le niveau des dépenses d’investissement, portées à 30,8 millions d’euros. Lesquelles viendront alimenter la fin de la construction du centre aquatique Auguste-Delaune, la création de la Maison des Mémoires Olga-Bancic, la reconfiguration-réhabilitation du groupe scolaire Léo-Lagrange, ainsi que le nouveau groupe scolaire Charles-Perrault. Sans oublier la création d’espaces fraîcheurs et le passage à 100% LED de l’éclairage public. Par ailleurs, les taux de fiscalité communaux n’augmenteront pas — la même décision est prise tous les ans depuis 2016 —, pas plus que les tarifs concernant le plus grand nombre d’usagers des services municipaux.
Le budget pour les associations maintenu
« Sous l’effet des politiques d’austérité, la pauvreté, la précarité, gagnent du terrain, et c’est notre ville qui y répond avec un budget et des dispositifs d’accompagnement pour les Vénissians, expliquait, en séance, le maire de Vénissieux, Michèle Picard. La priorité, cette année comme les précédentes, est de ne pas ajouter de crise à la crise. Selon le dernier rapport de l’Insee, jamais la France n’a atteint un taux de pauvreté aussi important depuis trente ans. »
« Près de 10 millions de personnes dans notre pays vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, soit plus de 15% de nos compatriotes, poursuivait l’élue. Au CCAS, les aides les plus sollicitées ont concerné en 2024 les aides financières pour le paiement des factures courantes (loyer et énergie) à hauteur de 26% et les secours alimentaires pour 30%. Le constat est clair : les difficultés des Vénissians pour faire face aux dépenses du quotidien s’accentuent. (…) Les communes et les services publics de proximité ont montré leur rôle indispensable tout au long des crises qui viennent de se succéder. »
Notons, enfin, que l’enveloppe totale dédiée au fonctionnement des associations a été maintenue à hauteur de 4,9 millions d’euros. De nombreuses subventions ont été votées dans la foulée, à de nombreuses structures locales, qu’elles soient sportives, sociales, culturelles ou solidaires.
ILS ONT DIT
Yalcin Ayvali, groupe « Union des Vénissians Indépendants » (opposition)
« Sur des sujets aussi engageants que le budget, le fonctionnement de cette assemblée donne trop souvent le sentiment d’une continuité mécanique, comme si les transformations politiques en cours n’avaient aucune incidence sur la manière de gouverner. L’opposition n’est pas un décor institutionnel, elle est une garantie démocratique ; lorsque le pluralisme est affaibli, c’est la qualité même des décisions publiques qui se trouve fragilisée. »
Lotfi Ben Khelifa, groupe « Gauche progressiste, élu(e)s socialistes et écologistes » (opposition)
« Pendant six ans, nous avons été du genre à économiser pour les jours de pluie. Et là, surprise, la pluie arrive pile avant les urnes. Coïncidence ? Peut-être… (…) Avec seulement 377 euros de dette par habitant et une capacité de désendettement à 1,8 an, on a une caisse d’épargne municipale qui fait envie à beaucoup de villes. On aurait pu investir plus tôt, tranquillement, sans stress de dernière minute. »
Maurice Iacovella, groupe « Unis pour Vénissieux » (opposition)
« Les ressources sont là, avec l’engagement soutenu de l’État entre autres. Elles pourraient être plus abondantes s’il n’y avait pas un jeu de cavalier solitaire. L’utilisation de ces ressources questionne. Aujourd’hui, elles devraient en priorité servir à rétablir la sécurité publique, améliorer la santé des Vénissians, promouvoir l’économie et l’emploi (…). Notre groupe estime ce budget inadapté à relever les défis auxquels fait face Vénissieux. »
Pierre-Alain Millet, groupe « Communiste et républicain » (majorité)
« Tout ce que nous avons fait [au cours de ce mandat], ce ne sont pas des promesses, ce sont des réalisations au service des Vénissianes et des Vénissians dans un contexte difficile. (…) Nous sommes fiers d’une ville qui aide tous les habitants à tenir bon face aux crises qui se succèdent. (…) Notre budget est à l’image de nos efforts, un budget d’une gauche sociale engagée, qui refuse les fausses promesses et le buzz médiatique. »
