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Le gérant de l’auto-école part avec la caisse

“Fermeture définitive. Pour cause de maladie, le gérant est dans l’obligation de déposer le bilan. Pour tous renseignements, vous pouvez envoyer un e-mail à l’adresse suivante…” Voilà l’affichette que Romain a eu la surprise de découvrir, lundi dernier, sur la porte de l’auto-école Eden Permis, située rue Gambetta, en face du parc Louis-Dupic.

Surprise d’autant plus grande que deux jours plus tôt, l’auto-école encaissait encore des chèques. D’après les observations du voisinage, les locaux auraient été vidés dans la nuit de samedi à dimanche. Romain a envoyé deux mails pour tenter d’obtenir des explications. En vain. “J’ai fait un prêt de 1 200 euros pour payer le permis, raconte le jeune homme. J’ai versé l’intégralité de la somme mais pour l’instant je n’ai obtenu que le code, je n’ai pris aucune leçon de conduite. J’ai perdu 800 euros sur ce coup-là.”
Ils sont des dizaines dans ce cas. Quentin a versé 990 euros, Amina 950, Terrin 550… Le gérant a disparu des écrans radars. Ce vendredi en début d’après-midi, les infortunés stagiaires organisaient un rassemblement devant les locaux de l’auto-école pour attirer l’attention sur leur situation. “On ne sait pas quoi faire pour récupérer notre argent, explique Romain. Nous nous sommes renseignés auprès du tribunal de commerce : la société n’est ni en cessation de paiement, ni en redressement ou liquidation judiciaire. On a déposé des dizaines de plaintes au commissariat de police, mais on ne sait pas si cela va aboutir. L’autre agence de l’auto-école, à Saint-Priest, est dans la même situation. Le personnel, les secrétaires, les moniteurs, ont été mis devant le fait accompli. Apparemment, nous avons à faire à un escroc.”
Les renseignements que les stagiaires d’Eden Permis ont pu récolter cette semaine ne font que conforter cette thèse. Le gérant, un homme d’une quarantaine d’années, n’en serait pas à son coup d’essai. “Même le contrat d’assurance que nous avons pris pour avoir une garantie financière est bidon, dénonce Amina. On a découvert que la société censée nous couvrir n’existe pas.” Et Romain d’ajouter : “Selon la police, il n’avait pas l’autorisation d’exercer et il aurait déjà fait la même chose, ailleurs, en 2012.”

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