La totalité de la vie scolaire était en grève ce mardi 6 octobre, ainsi qu’une partie des enseignants. Ils se sont réunis devant la Métropole pour faire entendre leurs revendications. © droits réservés
Fin mai 2026, la direction du collège Louis-Aragon annonçait la fermeture de la cantine scolaire pour une semaine, suite à un contrôle sanitaire des services d’inspection de la préfecture du Rhône. Ces derniers avait mis en évidence la nécessité de mettre aux normes sanitaires le bâtiment. « Ces quelques jours de fermeture devaient permettre d’estimer l’ensemble des travaux nécessaires à la remise à niveau mais, en réalité, rien n’a été fait », dénonce Gallien Gagnaire, conseiller principal d’éducation au collège Louis-Aragon.
Depuis la rentrée, aucun chantier n’a démarré au sein de la cantine scolaire de l’établissement. Résultat : les quelque 110 élèves demi-pensionnaires de Louis-Aragon doivent désormais se rendre au restaurant scolaire du collège Katia-Krafft. Au total, trois cars ont été affrétés et il faut près d’une demi-heure aller-retour pour aller jusqu’à la cantine. « En termes de logistique, témoigne le CPE, c’est très compliqué, on a dû décaler beaucoup de cours car les élèves n’arrivaient pas à temps, ce sont près de 300 heures de cours qui ont été manquées depuis la rentrée. »
Au total, quatre assistants d’éducation (AED) et un conseiller principal d’éducation (CPE) sont nécessaires pour assurer les trajets et surveiller les élèves. « On est sur un fil tendu, les AED et le CPE restants s’occupent des entrées et sorties, si une personne tombe malade, je ne sais pas comment on peut faire pour s’organiser. »
Gallien Gagnaire dénonce également le stress engendré chez les élèves pendant la pause méridienne : « On a un nombre de places limité à Katia-Krafft donc on presse nos élèves pour qu’ils sortent de cours, qu’ils prennent le bus, qu’ils mangent et qu’ils retournent ensuite en classe, ce n’est facile pour personne. »
Une trentaine de membres du personnel en grève
Cela fait plusieurs années que la Métropole de Lyon promet une réhabilitation complète de l’établissement vénissian, avec notamment l’installation d’un ascenseur pour les personnes à mobilité réduite et le désamiantage du collège. En 2025, des travaux d’urgence avaient été réalisés dans l’ensemble de l’établissement afin de réduire les risques d’exposition à l’amiante. « On sait qu’on ne peut pas percer les murs à cause des risques liés à l’amiante », atteste le CPE.
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Pour les équipes pédagogiques, la fermeture de la cantine a donc été la goutte de trop. Mardi 6 octobre, une trentaine de personnels étaient en grève et réunis devant la Métropole pour rendre visible leur combat. Ils demandent notamment un nouvel aménagement qui pourrait faciliter le temps du repas pour les élèves et les équipes : cuisine modulaire, repas froid servi dans l’établissement, etc.
Même si leur mouvement ne se positionne pas dans la mobilisation nationale, Gallien Gagnaire ne peut s’empêcher de faire un parallèle. « Dans les quartiers populaires, on a des établissements scolaires qui sont oubliés et abandonnés, déplore le CPE. Ça m’agace, cette vision des élèves que l’on peut donner alors qu’ils demandent juste à étudier dans de bonnes conditions. Ce qu’ils peuvent vivre ne serait sûrement pas toléré ailleurs. » Les équipes réfléchissent déjà à un nouveau mouvement si aucune réponse ne leur est apportée de la part de la Métropole.
