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Maurice-Thorez : la Tour 18 dans l’impasse

Dans le secteur Maurice-Thorez, aux Minguettes, 44 résidents de la tour 18 ont adressé une pétition à Rhône Saône Habitat et à Immobilière Rhône-Alpes pour leur demander des mesures d’urgence.

Locataires et copropriétaires sont désabusés. Les parties communes de leur immeuble subissent des dégradations à répétition. Rhône Saône Habitat et Immobilière Rhône-Alpes assurent comprendre leur désarroi et chercher des solutions

Problèmes d’hygiène, de sécurité, intrusions de consommateurs de drogue, vandalisme, cambriolages, ascenseurs en panne, nuisibles, voitures-ventouses… Tels sont les soucis que rencontrent au quotidien des résidents de la 18 et de bien d’autres habitants dans cette forêt de tours implantées sur le Plateau.

Excédé, un petit groupe a sillonné les 16 étages de l’édifice pour faire signer à leurs voisins une pétition à présenter à Rhône Saône Habitat et à Immobilière Rhône-Alpes (Groupe 3F), respectivement syndic et propriétaire-bailleur des tours 18 et 20. Trois quarts des résidents ont signé : 44 sur 60.

« La tour se dégrade de façon alarmante depuis la suppression du gardien logé », introduit le document. Locataires et copropriétaires réclament des mesures d’urgence : un badge pour l’ascenseur, des caméras, un gardien logé et des réparations de fuites d’eau dans certains appartements.

« L’immeuble est ouvert aux quatre vents, dénonce l’un des neuf copropriétaires. La porte d’entrée ne ferme plus. C’est un vrai moulin, ici. L’interphone ne fonctionne pas. » Une poignée d’habitants rencontrés dans le hall déplorent des intrusions à répétition, mais également des cambriolages.

« Ça nous est arrivé la semaine dernière en fin de matinée (la semaine du 25 mai, ndlr), témoigne une mère de famille. Je suis rentrée chez moi à 9h30, après avoir emmené les enfants à l’école et fait une course. Notre porte a été fracturée. Ils n’ont pas pris grand-chose mais l’appartement a été tout retourné. »

Même chose pour une voisine : « Nous, c’était l’après-midi. Heureusement, on ne laisse rien de valeur chez nous. La police vient faire des relevés d’empreintes. Malheureusement, les plaintes sont déclarées sans suite. Les gens investissent dans des portes blindées ou dorment dans le salon. »

Gestion bicéphale

Contactés, le syndic de copropriété et le bailleur social disent comprendre et partager le désarroi des habitants. Et mettent en lumière une spécificité qui ne favorise pas la réactivité : l’immeuble est géré par deux structures. Dans cette copropriété mixte, Rhône Saône Habitat administre les parties communes tandis qu’Immobilière Rhône-Alpes (IRA) s’occupe des parties privatives.

Cette gestion bicéphale, très courante dans les résidences HLM des années 60-70 ouvertes à l’accession, peut poser des soucis de coordination mais aussi de temporalité. Car les grosses décisions sont prises lors des Assemblées générales des copropriétaires.

  • Des intrus consomment régulièrement de la drogue dans les parties communes et abandonnent leur matériel (photo fournie)
  • Difficile de se frayer un passage dans ces escaliers... sauf pour ce chat (photo fournie)
  • L'environnement de la tour 18 est assez dégradé
  • Les ascenseurs tombent régulièrement en panne
  • Fin mai, les caves ont été inondées
  • Les dépôts sauvages sont permanents au pied de l'immeuble

« En tant que syndic, on applique les décisions de l’AG, clarifie Rhône Saône Habitat. Et on ne peut pas en faire six par an, cela a un coût. Nous avons bien identifié tous ces problèmes. Nous les subissons nous aussi. Pour chaque exercice comptable, près de 50 000 euros sont consacrés aux travaux dus au vandalisme. Et 20 000 euros pour le débarras d’encombrants. Pour un budget de 420 000 euros, c’est énorme. Les portes fermées et les contrôles d’accès gênent certaines personnes. Remplacer la porte d’entrée coûte environ 4 000 euros. Sa durée de vie ne dépasse pas trois jours. IRA a financé les études et le diagnostic pour des caméras en 2020 : c’est inenvisageable pour des raisons domaniales et à cause du risque très important de dégradations. Nous déposons plainte systématiquement. Pour les faits plus graves, la mairie et le Procureur sont informés. »

« La situation est complexe »

Propriétaire de 53 logements, dont un est actuellement squatté, IRA souligne l’importance d’une coordination huilée entre syndic, bailleur, copropriétaires, locataires et forces de l’ordre. « On va y arriver, positive la direction. À condition que l’on travaille main dans la main. La situation est complexe mais nous n’allons pas la laisser perdurer. »

Deux mesures fortes ont été votées lors de la dernière AG du 12 juin. À commencer par la mise en place d’un employé d’immeuble, désigné par les habitants, et dédié six heures par jour à la tour 18. Le projet de fermeture partielle de la résidence a également été mis sur le tapis. Un travail en partenariat avec les services d’urbanisme de la Ville et de la Métropole est désormais lancé.

1 Commentaire

  1. Gilles Lulla

    7 juillet 2026 à 8 h 54 min

    Nous avons signalé ce problème à notre distributeur

  2. Dudukdjian

    6 juillet 2026 à 16 h 31 min

    Bonjour,
    Personne n’a reçu ce numéro d’expression dans la tour.
    Alors Que nous l’avons habituellement.

  3. Richard GRISAUD

    16 juin 2026 à 15 h 15 min

    En tant qu’ancien délégué du quartier A. FRANCE / P. LANGEVIN je soutiens le combat des occupants de la tour 18 Thorez
    Drogue, vandalisme, cambriolages, ascenseurs en panne, nuisibles, voitures-ventouses… Tels sont les soucis que rencontrent également les habitants des tours Alliade Division Leclerc

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