Florence Sanfilippo, quel a été votre principal chantier en 2025 ?
La mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi, qui a entraîné l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA et de leurs conjoints. Par conséquent, nous avons plus de demandeurs d’emploi et plus de sollicitations. Notre relation avec la Maison de la Métropole à Parilly a bien fonctionné. Avec nos partenaires, que nous connaissons de mieux en mieux, nous travaillons sur l’orientation et l’accompagnement des publics.
Et côté entreprises ?
La mise en place de la Task Force Entreprise, une organisation qui consiste à simplifier les recrutements. En pratique, les acteurs du réseau pour l’emploi que sont France Travail, Cap Emploi, les Missions locales et la Métropole de Lyon se coordonnent pour répondre aux besoins du territoire des Portes du Sud (Vénissieux, Saint-Fons, Feyzin, Solaize et Corbas).
Quels besoins avez-vous identifiés ?
Nous avons trois grands sujets : la garde d’enfants, la santé mentale des jeunes et la Task Force Entreprise. Nous nous associons aux communes pour nous adresser aux gens qui ont des problématiques de garde d’enfants âgés de 0 à 12 ans. De nombreuses personnes méconnaissent le sujet, notamment en ce qui concerne les coûts et les aides disponibles. Sur le deuxième point : beaucoup de jeunes souffrent de dépression. Cap Emploi et les Missions locales travaillent sur le sujet.
« Les projets de recrutement restent nombreux »
Quels défis devrez-vous relever en 2026 ?
Accompagner au mieux les bénéficiaires du RSA et leur expliquer pourquoi ils sont inscrits. Auprès des entreprises, nous devons aller chercher les offres d’emploi les mieux adaptées. Nous devons aller les rencontrer, encore plus qu’avant. Les immersions professionnelles sont très intéressantes. Nous allons en proposer de plus en plus. C’est un moyen simple d’accueillir un stagiaire, lui faire découvrir un métier, ou de faciliter le processus de recrutement.
Comment vous adaptez-vous à une ville comme Vénissieux, où plus d’un habitant sur trois vit dans un Quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ?
Le plus urgent est de lever les freins : la garde d’enfants, la mobilité, les compétences, l’accès aux soins et le non-recours aux droits. Poser un diagnostic socioprofessionnel permet à la personne de gagner en autonomie et de réussir ses démarches seule. Les actions de terrain sont essentielles. Ce qu’on appelle le ‘aller vers’ est une stratégie commune à toutes les agences. Mais elle est encore plus développée dans les QPV. Toutes nos actions sont annoncées sur notre site ‘Mes événements emploi’.
Y a-t-il encore un avenir dans l’industrie ? Les plans sociaux se multiplient. On vient même d’apprendre le désengagement de Bosch, qui fermera son site à la fin de l’année…
Autour de chez nous, l’industrie reste assez peu touchée. Les gros plans sociaux concernent surtout la chimie. Je reste optimiste. Le potentiel est là. Sur le marché, les candidats font valoir des compétences transversales qui peuvent garantir leur réussite dans d’autres secteurs d’activité.
Dans un contexte politique national toujours très flou, et dans une conjoncture économique délicate, les entreprises manquent de visibilité. Cela affecte-t-il les embauches ?
Effectivement, la France n’a toujours pas de budget. Tout le monde est en attente. De notre côté, nous continuons nos actions et nous accompagnons au mieux les entreprises dans leur recrutement. Par exemple, nous pratiquons une veille pour reclasser le plus de salariés possible. Dans notre zone géographique, notre enquête Besoins en main-d’œuvre indique que les projets de recrutement sont nombreux. Les annonces du président de la République et des derniers premiers ministres suggèrent que l’industrie de la défense se renforce. Et la filière nucléaire se développe dans la région. Cela ouvre des perspectives.
