Expo de vinyles : qu’un son pur abreuve nos microsillons

Pour les amateurs de vinyles en particulier et de musique en général, Vinylesmania se tient au musée de l’Imprimerie, à Lyon, jusqu’au 29 août.

En proposant jusqu’au 29 août une exposition baptisée Vinylesmania et consacrée à cet objet culturel qui revient en force face au CD, le musée lyonnais de l’Imprimerie et de la Communication graphique fait plaisir non seulement aux collectionneurs mais à tous les curieux amateurs de musique.

Ce 12 juin, visiter cette intéressante rétrospective permettait en outre d’entendre un véritable amoureux du vinyle donner quantité d’explications sur sa passion. Musicien, guitariste des Chics Types et grand amateur de disques, le Vénissian Christian Biral guidait les visiteurs vers de nouvelles perspectives, pochettes et écoutes à l’appui.

Dénommée « Portraits de diggers », la salle où il se trouvait affichait sur ses murs des albums des Beatles, de musiques de films ou de danses.

« Le directeur du musée, expliquait Christian Biral, cherchait un angle d’attaque différent, qui ne soit pas sur les disques eux-mêmes mais sur le rapport que l’amateur entretient avec eux. Il m’a contacté parce que je co-écris un livre particulier sur les albums thématiques ou d’artistes joués par d’autres. Il sera publié par Popcards Factory, à qui l’on doit déjà Le Disque qui parle – un cabinet de curiosités sonores. »

Les Beatles… chantés par d’autres

Pour mieux se faire comprendre, il désigne sur les murs des pochettes. Ce qui semble être un album des Beatles rassemble en fait des chansons du groupe rejouées par Morrison’s Green Group. Ou ce qui pourrait être un disque « officiel » de musiques de films, avec James Bond ou Star Wars sur la pochette, est le fait d’imitateurs. Ainsi Mario Cavallero, capable de reproduire (plus ou moins bien) Abba, Patrick Juvet ou Michel Sardou. Ainsi Geoff Love, qui récupère tous les grands thèmes de musiques de films. « C’est parfois bluffant, reconnaissait Christian Biral. J’avais 15 ans et j’avais fait un voyage en Angleterre. C’est là que j’ai découvert les disques de Geoff Love. Ils ressemblaient vraiment aux originaux et étaient nettement moins chers. »

Parmi les pièces rares de sa collection, Christian extirpait un Tribute to John Lennon par 101 Strings Orchestra avec des chansons des Beatles pour la plupart composées par… Paul McCartney. Il en profita aussi pour enregistrer ses questions aux visiteurs : elles serviront pour L’Instant vinyle, l’émission qu’il anime sur Blues Café Radio les lundis à 18 heures et les mardis à 11 heures. Pour en écouter quelques-unes, c’est ici.

Exhibition fascinante, on l’a dit, Vinylesmania permet également d’en savoir plus sur la naissance et la fabrication des vinyles, sur la guerre entre le disco et l’Amérique blanche raciste et homophobe, sur l’industrie du disque en Corée ou en Afrique, etc. On fera ainsi la connaissance d’une chanteuse éthiopienne devenue religieuse, Emahoy Tségué-Maryam, d’un studio en Libye ou d’un disquaire sur le marché de Nairobi. Autant dire que tout cela vaut le déplacement.

Musée de l’imprimerie et de la communication graphique : 13, rue de la Poulaillerie, Lyon 2e

Ouvert du mercredi au dimanche.
Tarifs : de 4 à 8 euros.

https://www.imprimerie.lyon.fr/fr/edito/vinylesmania

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