Les ex-SAD expulsables !

Le tribunal judiciaire a décidé de permettre, à partir du 10 mars, l’expulsion des anciens salariés de la SAD de leurs locaux vénissians. Si le préfet accorde le concours de la force publique, la distribution de la presse nationale cessera à nouveau dans la région.

On ne peut pas dire que la décision du tribunal judiciaire, rendue le 9 février, a véritablement constitué une surprise pour les ex-salariés de la SAD. Dès le 24 octobre, ils étaient enjoints de quitter les locaux de la rue Sentuc, à Vénissieux, site historique de la distribution de la presse nationale dans la région. « On avait demandé à pouvoir rester jusqu’à fin mars, le temps de trouver une solution de repli, rappelle Guillaume Dumoulin, délégué syndical CGT. La justice a décidé de permettre l’expulsion à partir du 10 mars. Cela complique encore les choses. Mais ce n’est pas qu’une question de temps. Le vrai problème, c’est l’attitude des pouvoirs publics. La Métropole, la Région, l’État sont-ils derrière nous ou pas ? Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas de réponse claire à cette question. »

Depuis qu’ils se sont engagés dans la reprise de l’activité de la distribution de la presse, après la liquidation de leur entreprise en mai 2020, les ex-salariés de la SAD n’ont en effet pas manqué d’encouragements. Les pouvoirs publics ont salué cette initiative ouvrière visant à créer une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), qui a permis de sauver une quarantaine d’emplois et d’alimenter à nouveau les kiosques à journaux, après une période d’interruption de six semaines.

Mais les déclarations tardent à se traduire en actes. Hormis le soutien immédiat de la Ville de Vénissieux et la promesse de la Métropole d’entrer à hauteur de 100 000 euros dans le capital de la future SCIC, les soutiens publics restent insuffisants.

« Ce serait une trahison »

Le nœud du problème est de trouver de nouveaux locaux. Dans leur quête, les ex-SAD ont déjà essuyé trois refus : à Saint-Priest, Chasse-sur-Rhône et Chassieu. « Quand on se présente, notre dossier ne plaide pas vraiment en notre faveur, reconnaît Guillaume Dumoulin. On est issu d’une entreprise qui a été liquidée, on est sous le coup d’une expulsion, objectivement ce n’est pas rassurant. Si la Métropole ou la Région nous soutenait activement, ce serait déjà réglé. Je rappelle qu’il ne s’agit pas seulement de sauver 40 emplois, mais de faire vivre la distribution de la presse. Ce n’est pas une activité comme les autres, elle revêt un intérêt démocratique majeur. C’est pourquoi nous attendons plus des pouvoirs publics. Aujourd’hui, nous sommes quasiment seuls à porter cette responsabilité. Ce n’est pas normal. »

Le 10 mars prochain, le préfet pourra ordonner le concours de la force publique pour faire procéder à l’expulsion des ex-SAD. « Ce serait une trahison, réagit le délégué CGT. Cela entraînerait immédiatement un nouvel arrêt de la distribution de la presse nationale sur un territoire allant au-delà de la métropole. Et cela signerait certainement l’arrêt de notre projet de SCIC. On ne l’imagine même pas.« 

3 pensées sur “Les ex-SAD expulsables !

  • 17 février 2021 à 14 h 58 min
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    C’est bien la qu’il faut faire la démonstration que le politique a du sens et qu’il doit être acteur du maintien et du développement de la diffusion de la presse écrite pour la démocratie, tout attentisme , toute lenteur bureaucratique ne serait pas acceptable,il faut prendre des décisions immédiates pour la pérennité de l’activité et des emplois

  • 17 février 2021 à 6 h 28 min
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    La métropole doit aider les ex Sad qui se battent depuis des mois pour créer leur SCIC, Les Elus métropolitains pourraient se mobiliser pour trouver des locaux et aider au maximum à la diffusion de la presse sur le territoire, n’y a-t-il vraiment aucun lieu disponible pour accueillir cette activité sur Vénissieux? faudra-t-il attendre une expulsion par la force pour réagir? je suis certaine que les habitants sont prêts à se mobiliser pour interpeller les pouvoirs publics, c’est une lutte importante sur notre territoire la diffusion de la presse écrite reste indispensable et le syndicat CGT a raison de se battre pour maintenir l’activité et les emplois.
    Les belles déclarations ne suffisent pas il faut agir vite, si les salariés se retrouvent à la rue il sera trop tard. Nous comptons sur les élus pour faire bouger les choses et vite trouver des locaux avant l’expulsion manu militari de ces travailleurs du livre.

  • 17 février 2021 à 6 h 07 min
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    Qu’ils révisent le modèle économique de leur projet, ça sera peut-être plus présentable …

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