Liquidation de la SAD : une alternative pour sauver l’emploi

Les salariés licenciés de la SAD portent un projet de Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) qui permettrait de relancer la diffusion de la presse nationale, bloquée depuis le 15 mai.

« On a le matériel et le savoir-faire, il faut nous aider à sécuriser le montage financier et les questions juridiques », explique Guillaume Dumoulin, délégué CGT

Rue Sentuc, à Vénissieux, la plaque tournante des quotidiens nationaux en Rhône-Alpes est devenue une cathédrale vide et silencieuse. Depuis la liquidation judiciaire du distributeur de presse SAD, le 15 mai, les machines ne tournent plus dans cet immense bâtiment d’un hectare. Ici, cinquante ouvriers répartissaient chaque nuit plus de 100 000 exemplaires de journaux et de magazines, venus de leurs imprimeries respectives, vers des centaines de points de vente dans la région, en Suisse et en Italie.

De L’Équipe aux Échos en passant par Le Figaro, Le Monde, l’Humanité, La Croix, Le Canard enchaîné ou Picsou, des dizaines de titres ne parviennent plus aux marchands de journaux. « Cinq semaines sans quotidiens nationaux, c’est du jamais vu, observe Guillaume Dumoulin, délégué syndical CGT. Un comble dans une démocratie en plein renouvellement de 5 000 de ses communes et métropoles ! »

L’absence dans les kiosques constitue un manque à gagner considérable pour une presse écrite déjà mal en point, mais aussi pour les maisons de la presse et les buralistes. Sans parler des 110 salariés licenciés, qui occupent leur ancien atelier jour et nuit. « Qu’est-ce qu’ils croyaient, là-haut ? On a des gosses à nourrir et des dettes à la banque, on ne va pas se laisser faire, surtout qu’on a un projet qui tient la route », lance un ouvrier.

Une demande de table ronde au préfet

Ce projet, c’est la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), dont les sociétaires peuvent être les salariés, des particuliers, des collectivités locales, des associations, des clients, des éditeurs de presse… Il en existe déjà pour les transports, le logement ou la distribution de l’énergie, pourquoi pas pour la diffusion de journaux ? « On a le matériel et le savoir-faire, il faut nous aider à sécuriser le montage financier et les questions juridiques », explique M. Dumoulin. Il demande au préfet d’organiser une table ronde avec les acteurs économiques et les pouvoirs publics.

Le 9 juin, les ex-SAD ont reçu des lettres d’intention de la part des Messageries lyonnaises de presse et de la Coopérative des quotidiens nationaux. Des engagements de poids. « Le projet est réalisable, il devient concret, estime le syndicaliste. Des discussions sont en cours sur le périmètre d’activité de la coopérative, qui serait sans doute réduit par rapport à l’avant-liquidation. Dans un premier temps, l’enjeu pour nous est de gagner une charge de travail suffisante pour préserver l’emploi de ceux qui veulent participer à l’aventure. »

 

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