Centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu : la colère déconfinée

Des manifestants réclamaient en 2019 le maintien d’une unité à St Jean de Dieu. Photos d’archives Raphael Bert -Expressions

Les manifestations du personnel hospitalier se multiplient. Les premières se sont tenues devant l’hôpital Édouart-Herriot, vite suivies par des rassemblements importants notamment devant le centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu, à l’initiative des syndicats CGT, SUD et CGC.

Aux côtés des salariés de Saint-Jean-de-Dieu, des représentants de plusieurs autres structures du médico-social avaient fait le déplacement, le 27 mai dernier. Au total ce sont plus de 250 personnes qui voulaient « déconfiner leur colère » . Tous souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement et demandent de véritables augmentations de salaire, des moyens, des embauches, l’arrêt des fermetures de lits et de services, ainsi que l’arrêt de la sous-traitance de certaines activités.
La période de la maladie Covid a été très difficile à gérer, tant en psychiatrie que dans les établissements médico-sociaux. En effet, le confinement strict des patients et résidents et le respect des mesures et gestes barrières génèrent beaucoup d’angoisse au quotidien pour les personnes vulnérables.

Autre source de colère des soignants, la fameuse « prime Covid » que le gouvernement a promis a l’ensemble du personnel soignant. Selon les syndicats, à Saint Jean de Dieu, la direction envisage le « saucissonnage » de cette prime. « Elle serait attribués en fonction du présentéisme des salariés, ce qui aboutit à l’exclusion du plus grand nombre, puisque certains soignants étaient mis en réserve dans le cadre du plan blanc. Au final, une minorité toucherait une prime ridicule ». Les soignants en colère rappellent « qu’ils n’entendent pas se laisser museler par une prime, une médaille ou par leur présence au défilé du 14 juillet ».

Quant à la concertation générale (le « Ségur de la santé ») lancée par le gouvernement sur l’avenir de l’hôpital les soignants n’y croient pas vraiment. « Nous sommes dans la rue depuis des années et personne ne nous a jamais écouté. Nous voulons du concret ». Les premières propositions devraient être rendues par le gouvernement mi juillet.

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