Seuil #3
, la plasticienne Claire Georgina Daudin à travers les Grandes Terres

En résidence artistique à Vénissieux, la plasticienne Claire Georgina Daudin poursuit son investigation des seuils vénissians. Cette fois, avec Monique, Chantal, Pierre et Jean-Pierre, qui pratiquent la marche nordique au sein de l’AFA, club d’athlétisme du sud lyonnais.

Les Grandes Terres sont relativement méconnues des Vénissian•e•s. En tant qu’espace de loisirs, elles ont une vocation sportive : on s’y balade de manière dynamique, en pratiquant la marche nordique (discipline issue de l’athlétisme, où l’on s’équipe de bâtons de propulsion), le VTT ou la course à pied. On vient aussi promener son chien, s’aérer de la ville, profiter de l’air et de la vue de la campagne.

Plusieurs accès permettent d’entrer sur les Grandes Terres. Ce matin, nous avons longé la limite Sud du fort de Feyzin : face à nous, dans la brume ensoleillée, j’ai distingué les tours d’immeubles de Corbas ; les Monts du Lyonnais limitent l’espace ; les cheminées d’usine de Feyzin ferment la vue derrière nous. Nous nous sommes élancés à travers ce vaste plateau agricole, qui pratique la rotation des cultures, et qui a été sobrement aménagé pour l’usage des riverains – des bancs taillés dans des troncs jouxtent quelques panneaux explicatifs des éléments du paysage ; des haies bocagères délimitent les champs. Nous foulons le bitume puis la terre, les galets de rivière, des bandes herbeuses ; des débris de maïs (fruit et feuilles) jonchent par endroit le sol. Je ramasse quelques cynorhodons. Au détour d’un chemin, le plateau de Vénissieux s’offre à notre regard : toutes ses tours d’habitation sont sagement posées dans la lumière d’octobre, alignées sur le rebord de l’horizon. Plus tard, je m’approche de cette miniature en empruntant la route de Vénissieux : les champs retournés repoussent l’horizon moussu frangé d’arbres roussissant, et duquel émergent les barres de HLM – des morceaux de sucre plantés entre terre et ciel ; le périph hurlant franchi, une avenue en travaux dirige vers la ville, d’abord en la contournant ; là encore ce sont les arbres qui bordent la ville ; ceux-ci sont ceinturés de tubes cannelés rouges, manteaux vifs s’accordant à l’automne et protégeant des coups. J’avance entre ville renouvelée (des chantiers d’immeubles de deux ou trois étages) et faubourg ancien (ce vieux mur en pierre, celui-ci en galets, cette maison dix-neuvième aux volets rouillés clos), et me retrouve soudainement en plein centre.

L’espace de bordure ici est immense ; un seuil entre quatre villes (Vénissieux, Feyzin, Corbas et Saint-Symphorien-d’Ozon), voué aux cultures (colza, maïs mais aussi rosiers), qui ouvre sur l’horizon du Rhône : les Monts du Lyonnais, le Pilat. Ce seuil se pratique à grandes enjambées, avec la ville minuscule en ligne de mire. Le plateau des Minguettes : on pourrait le tenir des deux mains.

Les seuils, de la traversée aux sons

On retrouvera la plasticienne Claire Georgina Daudin à deux occasions.

Demain, samedi 9 février, à l’occasion d’une performance, on la rejoindra dans une « traversée des seuils ». Elle traversera ainsi une douzaine de seuils identifiés avec des Vénissians. La marche débutera à 9h30 dans le quartier du Moulin-à-Vent (point de rencontre à partir de 9h15 au croisement de l’avenue de Pressensé et de la rue du Moulin-à-Vent). Une pause aura lieu à 12h30, à l’espace Madeleine-Lambert de la Maison du peuple (amener son repas). La balade repartira à 14 heures pour aboutir, aux alentours de 16h30, à l’hôpital des Portes du sud (tram T4) en passant par les Grandes Terres. Claire recommande de prévoir de bonnes chaussures, une parka chaude, un thermos et un pique-nique. Des boissons chaudes et froides seront offertes à midi. Le trajet, précise-t-elle, peut être effectué dans son ensemble (15 km) ou par étape (matin ou après-midi). On pourra aussi simplement venir boire un verre et manger un morceau lors du pique-nique.

Le vendredi 15 février à 18h30, à l’occasion du « Son des seuils », on la retrouvera à l’espace Madeleine-Lambert en compagnie des élèves de l’école de musique Jean-Wiener. Dans cette proposition originale, ceux-ci ont été incités à fabriquer des sons à partir des textures prélevées sur les seuils.

Renseignements : 04 72 50 89 10 ou 04 72 21 44 98.

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