8 mai 1945 : « Nos anciens doivent être bien déçus »

La célébration du 72e anniversaire de la Capitulation sans condition des armées nazies a rassemblé de nombreux Vénissians, le 8 mai, au lendemain du second tour de l’élection présidentielle. Les onze millions de voix qui se sont portées sur Marine Le Pen flottaient au-dessus de cette cérémonie, à laquelle participaient plusieurs jeunes élus du Conseil municipal d’enfants, ainsi que des élèves du collège Paul-Éluard venus lire des textes.

« Je suis triste, je pense à tous ceux qui ont donné leur vie pour combattre le fascisme. Ils doivent être bien déçus aujourd’hui au vu de la situation politique, déclarait Jacqueline Sanlaville, au nom des associations d’anciens combattants ARAC et ANACR. Soixante-douze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les héritiers des idéologies criminelles relèvent la tête, à la faveur des crises. »

Dans un discours d’une extrême gravité, Michèle Picard a ensuite retracé l’ascension du nazisme dans l’Allemagne des années trente. « Je n’ai pas l’intention de me lancer dans une biographie d’Adolf Hitler, mais d’attirer l’attention, notamment celle des jeunes générations, sur la fragilité de la démocratie, et sur le danger du repli nationaliste, soulignait le maire. […] Cette commémoration doit interroger notre présent à la lumière des épreuves terribles que les générations précédentes ont vécues. Elle est là pour nous dire que rien n’est acquis, que la démocratie et la République peuvent être balayées en moins de temps qu’on ne l’imagine. »

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