La Ville adresse dix propositions et deux souhaits à la Métropole

Conseil Municipal 2 fev. 2016. Adoption du budget.

Le Pacte de cohérence métropolitain, adopté le 10 décembre dernier, a fixé le partage des compétences entre la Métropole de Lyon et les 59 communes qui la composent. Mais la rédaction de ce contrat territorial de fonctionnement est loin d’être achevée. Les conseils municipaux avaient un délai de trois mois pour se positionner sur 21 propositions pouvant faire l’objet d’une délégation ou d’une compétence partagée dans les domaines de l’action sociale, du développement des territoires, des services urbains, de la culture et des sports.

Vénissieux a rendu sa copie lors de la séance du conseil municipal du 14 mars. La « manifestation d’intérêt » votée par les élus — l’opposition s’est abstenue — a retenu dix propositions. Les onze autres ont été « exclues car elles paraissent contraires aux intérêts des habitants ou trop confuses », a expliqué le maire, Michèle Picard.

Parmi les propositions validées figure en particulier « l’accueil, l’information et l’orientation de la demande sociale ». Ces compétences s’exerceront de façon coordonnée avec la Métropole, mais la commune continuera de porter seule l’accueil des usagers et l’instruction des dossiers. La Ville avait pourtant la possibilité de tout déléguer au Grand Lyon. « Nous ne voulons rien lâcher d’un engagement fort et original de Vénissieux sur ce terrain, » précisait Marie-Christine Burricand, au nom du groupe des élus communistes et apparentés. La municipalité s’est également positionnée pour la mise en place et la coordination d’un dispositif de prévention santé pour les 0-12 ans. Dans ce domaine aussi, la preuve de son expertise n’est plus à faire.

« C’est à travers le prisme de l’habitant que nous avons analysé cette manifestation d’intérêt, soulignait le maire. En quoi telle délégation peut-elle répondre aux besoins et aux attentes de la population ? Et inversement, en quoi la mutualisation, les mises en réseau et rapprochements de services amélioreraient-ils le quotidien des Vénissians ? Voilà les questions qui nous ont guidés. »

Une première étape

Si la Ville a préféré garder et renforcer ses prérogatives en matière sociale, elle a opté pour davantage de synergies avec la Métropole pour le développement du territoire et les services urbains. Ces deux domaines concentrent huit des dix propositions retenues : mobilisation conjointe des entreprises sur l’insertion, partage de l’analyse dans la maîtrise du développement urbain, poursuite du Grand Projet de Ville sur les Minguettes et Max-Barel, rapprochement entre écoles et collèges, convention qualité-propreté, optimisation du nettoiement des marchés alimentaires et forains… « Ceux qui nous prédisaient le repli en sont pour leurs frais, commentait Marie-Christine Burricand. Nous poussons tout ce qui permet à notre ville de prendre sa place de 3e ville de l’agglomération. »

Pas assez cependant selon l’opposition socialiste. « Cette délibération signe votre manifestation de désintérêt pour la Métropole », assénait Lotfi Ben Khelifa, qui reproche à la majorité municipale d’avoir ignoré les trois domaines proposant une véritable délégation de compétence. Or, à ses yeux, c’est le seul positionnement qui vaille car « quand on délègue, il n’y a plus qu’un seul pilote et donc un meilleur service rendu ».

De son côté, la droite n’a rien trouvé à redire sur les choix opérés. En revanche, elle s’est montrée très critique sur la volonté de la Ville de conserver la gestion du réseau de chaleur urbain. Une option qui ne figurait pas sur la liste des 21 propositions de la Métropole. Tout comme celle, également portée par Vénissieux, de conserver la gestion du service communal d’hygiène et de santé. « Nous sommes l’exception en la matière, dénonçait Christophe Girard. Mise à part notre chaufferie collective, tous les autres réseaux de chaleur du territoire sont aujourd’hui sous la responsabilité de la Métropole. »

L’élaboration du contrat entre Vénissieux et la Métropole va se poursuivre jusqu’à fin 2016. La manifestation d’intérêt votée par le conseil municipal n’est qu’une première étape. Un travail de concertation va désormais s’engager entre les deux parties. Avec, au préalable, « la réalisation d’un diagnostic territorial, social et organisationnel ».

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