Objets d’immigration

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Les témoignages sont audibles au moyen de casques et illustrés par des photos

 

En exergue de l’exposition “Objets migrateurs : histoires d’immigration et transmission culturelle”, visible  à la médiathèque Lucie-Aubrac, la citation de Mahmoud Darwich arrive à point nommé. Elle est tirée d’un article du Monde en date du 13 février 2006 : “L’identité n’est pas un héritage mais une création.”

Philippe Barbier et le photographe Xavier Pagès sont partis, entre 2006 et 2008, en quête de témoignages liés à l’immigration. Chacune des personnes interviewées, que ce soit à Lyon ou sa banlieue, Villeurbanne ou Saint-Étienne, raconte le parcours familial et l’importance que revêt un objet. Leurs témoignages sont audibles au moyen de casques et illustrés par des photos.

Chaque fois, un témoin va raconter son immigration, ou celle de ses parents, parfois de ses grands-parents ou même arrières-grands-parents. L’objet présenté prend alors une valeur sentimentale : pour ce Malgache, ce sera une bague, un labané -un fromage- pour ce Jordanien d’origine palestinienne, une jarre, un cartable, un bracelet, une tasse, un tapis, un instrument de musique, un drapeau communiste italien, un petit éléphant, un tamis ou une ceinture… Objets traditionnels qui proviennent du pays d’origine, objets courants qui n’ont d’importance que celle que leur attachent les personnes interviewées, ces ustensiles se chargent soudain d’une histoire.

Tous les trajets racontés sont importants. On retiendra celui de cette jeune Chinoise, architecte dans son pays et installée en France depuis trois ans. Elle parle sans accent, alors qu’elle dit avoir appris le français au bout de six mois. “J’avais envie de partir, avoue-t-elle, et j’hésitais entre l’Espagne et la France. Je ne pouvais pas rester vivre en Chine sans savoir ce qui se passait ailleurs. J’avais envie de découvrir autre chose que ma propre culture. C’est difficile de sortir de Chine. Là-bas, on pense que vous (NDA : les Européens) avez plus de liberté par rapport à nous. Plus de romantisme aussi : c’est l’image de la culture française !”

Immigration beaucoup plus lointaine, celle de ces Russes qui fuyaient l’arrivée du bolchévisme en 1917. Leur lointaine descendante raconte les origines de sa famille et de son nom (liées à un cosaque qui s’est tranché la main) et porte toute son attention sur une cassette audio, “plus vivante qu’un arbre généalogique”, sur laquelle son grand-père a raconté l’exil.

Pour prolonger ce voyage au cœur de l’intime, la médiathèque, en partenariat avec la Villa Gillet, organise un débat autour du thème “La ville cosmopolite”, avec la participation du sociologue de la mobilité Vincent Kaufmann. Il se déroulera à la médiathèque le 21 novembre à 15 heures et sera accessible à partir de 14 ans.

Renseignements : 04 72 21 45 54.

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