Rosemary Standley : Moriarty, mais pas que…

Moriarty

Artiste protéiforme, Rosemary Standley se produit tout aussi bien au sein du groupe Moriarty (elle en est la chanteuse depuis 1999) qu’en duo avec la violoncelliste brésilienne Dom La Nena ou avec le pianiste Sylvain Griotto, dans une mise en scène de Juliette Deschamps — la fille de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, qui ont été les premiers à découvrir Moriarty. C’est ce dernier spectacle, « A Queen of Heart », qui est programmé ce 14 novembre à 20h30 au Théâtre de Vénissieux.

« J’ai toujours fait des des activités très variées, explique la chanteuse. Petite, je pratiquais la natation, la danse, la musique et je faisais du théâtre. En musique, j’aime le classique, le rock, le folk… J’ai eu accès à des répertoires différents assez tôt. J’avais envie de les confronter, les mélanger. » C’est ainsi qu’avec Dom La Nena, dans le spectacle « Birds on a Wire », Rosemary enchaîne Monteverdi et Leonard Cohen (bien sûr), une chanson italienne et une autre composée par son père, Wayne Standley, chante en espagnol, en anglais, en grec, s’attarde un moment sur le répertoire de Henry Purcell (et l’on peut dire que Rosemary possède la voix idéale pour les magnifiques mélodies du compositeur britannique) avant de passer à Tom Waits, Violetta Parra et à un traditionnel catalan.

Adolescente, Rosemary écoutait beaucoup la viole de gambe et le violoncelle, deux instruments qui l’émeuvent. Du baroque au rock, le pas sera vite franchi. « Pour « A Queen of Heart », explique-t-elle, Juliette Deschamps avait envie de me mettre en scène. Moi aussi, j’en avais envie, et pas forcément avec Moriarty. Je voulais aborder les répertoires classique et moderne avec une autre façon de travailler, pour aller plus loin dans l’interprétation, creuser en profondeur. C’est en suspens depuis six ans. Contrairement au spectacle avec Dom La Nena qui reste sur une forme ouverte, « A Queen of Heart » est très écrit. Avec Dom, nous sommes plus en liberté, en improvisation, j’ai envie de la faire rire et qu’on garde notre fraîcheur. Le travail avec Juliette est plus posé. »

Dans ce spectacle, Rosemary joue avec les standards, chante Bashung (« La nuit, je mens »), Poulenc et le superbe « Remember Me », tiré du « Dido & Æneas » de Purcell, mais aussi les Beatles et Moriarty (« un de nos nouveaux morceaux ») et rend hommage aux grandes chanteuses et actrices : Billie Holiday, Nina Simone, Marlene Dietrich, Silvana Mangano, Marilyn Monroe… Le titre, traduction de « La reine de cœur », vient de « La courte paille » de Poulenc. « Nous avons bâti le spectacle avec toutes les vedettes de la scène américaine ou internationale, en créant le personnage d’une chanteuse qui est un mélange de toutes celles-là, un peu capricieuse, starlette. La première partie est très heureuse, la deuxième beaucoup moins. Nous marquons la différence entre la carrière de cette chanteuse et ce qu’elle est réellement dans sa vie. Nous avons créé ce spectacle en septembre dernier au Théâtre de la Bastille. C’était un projet qu’on voulait faire depuis longtemps. »

Fille d’un musicien américain, Rosemary reconnaît son identité dans la musique folk. « Je trouve beaucoup de points d’attache dans les musiques traditionnelles, celles de mes racines —folk, bluegrass, country, blues— mais aussi la musique yiddish, le maloya réunionnais ou le rebétiko grec. Elles résonnent en moi, peut-être par les thèmes qu’elles abordent, comme la mélancolie. » On retrouve dans ces musiques l’idée de la migration forcée, avec Ces goûts lui viennent de son père, originaire du Midwest américain : « Il a beaucoup joué à Paris à la fin des années soixante-dix et a eu une reconnaissance dans le milieu anglo-américain installé en France à cette époque. Il joue de la country, du folk, du blues, compose des chansons et a écrit des bouquins. Moi, je suis née à Paris et j’ai été élevée en France. »

Amoureuse de la musique, de toutes les musiques, Rosemary veut rester ouverte « à pas mal d’expériences d’interprète » : elle vient de tourner en Bretagne un court-métrage avec le comédien sourd Martin Cros. « C’est très différent de la scène en matière de concentration et de jeu. Cela m’a beaucoup plu. » Et Moriarty ? « Un quatrième album est en préparation. Il faut du temps pour le finir et l’enregistrer. » Ces dernières semaines, Rosemary semble se plaire dans la région. On l’a entendue avec Dom La Nena à Tassin-la-Demi-Lune et à Décines en octobre. On la découvrira dans « A Queen of Heart » en novembre à Vénissieux et on pourra profiter de Moriarty le 17 janvier au Toboggan de Décines.

« A Queen of Heart », le 14 novembre à 20h30 au Théâtre de Vénissieux.
Tarifs : de 6 à 18 euros.
Réservations : 04 72 90 86 68 – resa@theatre-venissieux.fr
www.theatre-venissieux.fr

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