14e circonscription du Rhône : le candidat socialiste en ballottage favorable

Dans un contexte de très forte abstention en France comme dans la circonscription (51,32%), Yves Blein, le candidat estampillé « majorité présidentielle», a largement devancé ses onze concurrents, ce 10 juin. Dimanche prochain, pour le second tour, le maire socialiste de Feyzin sera opposé à la candidate du Front national, Sandrine Ligout, dans un duel qui est très favorable au premier. Arrivée en quatrième position sur la circonscription, Michèle Picard n’a donc pu relever le défi que lui avaient confié ses camarades du Parti communiste et du Front de gauche : succéder à André Gerin qui, après dix-neuf ans de mandat à l’Assemblée nationale, avait décidé de ne pas se représenter.

Avec 12 461 électeurs (37,03% des voix) dans la 14e circonscription du Rhône, le candidat du Parti socialiste, Yves Blein, caracole loin devant sa concurrente directe, la candidate du FN Sandrine Ligout (7 269 voix, 21,60%). Plus de 5 000 électeurs séparent les deux prétendants à la députation, qui vont se retrouver face-à-face pour le second tour, dimanche 17 juin.

En troisième position, on trouve le candidat de l’UMP, Christophe Girard :  5 866 voix, soit 17,43%. Puis vient Michèle Picard, la candidate du Parti communiste et du Front de gauche : 4 612 voix, soit 13,70%.

Aucun des huit autres candidats ne dépasse 4%. M. Girisit (Europe Ecologie Les Verts) est à 3% ; M. Grami (parti anti-sioniste) à 1,65% ; Mme Seemann (LO) à 0,99% ; M. Léglise (Cheminade) à 0,29%.

Quant aux quatre centristes qui se disputaient les maigres voix de M. Bayrou à la présidentielle, leurs scores sont bien faibles. M. Coste, récemment arrivé dans la circonscription, laisse le Nouveau centre à 0,47%. Mme Tazdaït qui, elle, voulait signer son retour dans la 14e, n’a pas bénéficié de la visite de soutien de Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical : elle affiche 0,50%. M. Iacovella (Alliance centriste) et Mme Mertani (Modem) sont à peine plus haut : l’un à 1,14% et l’autre à 2,18%.

Dans cinq des six communes qui composent la circonscription, M. Blein arrive en tête. Seuls les électeurs de Solaize ont fait un autre choix : ils ont placé le candidat de l’UMP à 32,33% devant celui du PS (30,63%) et celle du FN (22,37%).

Solaize a une autre particularité : elle est la commune où l’on a le plus voté. Enfin… façon de parler. L’abstention n’y a été «que» de 37%. Suivent Corbas (41,58%) puis Feyzin (44,76%). Les trois autres communes détiennent de tristes records : l’abstention a atteint 51,44% à Saint-Priest, 54,33% à Vénissieux et même 56,66% à Saint-Fons.

On s’attardera un moment sur Saint-Priest, commune partagée en deux parties inégales entre la 13e et la 14e circonscription du Rhône. Pour la première fois, 18 120 électeurs san-priots votaient donc dans la 14e. Et tous ceux qui prédisaient un transfert massif d’électorat socialiste ne se sont pas trompés : M. Blein obtient 39,57% des suffrages dans cette partie de la commune (3 429 voix). Il est suivi de loin par le FN (26,39%), puis par l’UMP (18,42%). Très loin encore derrière, la candidate PCF-FDG fait là un de ses plus mauvais scores (6,95%).

Cette modification des contours de la circonscription n’a donc pas à elle seule empêché Michèle Picard de virer en tête pour le second tour, loin s’en faut. Mais elle a contribué à amplifier la défaite.

On finira ce tour d’horizon par Vénissieux où la candidate PCF-FDG, qui a obtenu 22,51% des voix, se trouve en deuxième position assez loin du candidat de la majorité présidentielle (34,46%). Le FN est à 17,89% et l’UMP à 13,45%. Les écologistes ont obtenu moins de 3%. Tous les autres sont en dessous.

Etre deuxième dans sa commune est évidemment une mauvaise nouvelle pour Michèle Picard qui en est le maire depuis trois ans. Pas assez de temps pour s’implanter, sans doute. Mais ce résultat est aussi et surtout, la suite logique de l’accession de François Hollande à la présidence de la République. Une «vague rose» a commencé à déferler hier et elle semble devoir s’amplifier dimanche prochain.

Les électeurs ont émis un vote de confirmation et ceux de Vénissieux qui, à 69%, avaient préféré François Hollande à Nicolas Sarkozy, n’ont pas fait exception à la règle. Les plus anciens des Vénissians n’ont évidemment pas oublié qu’en 1981, la vague succédant à l’élection de François Mitterrand avait fait perdre son siège de député à Marcel Houël, lui aussi maire de la commune -mais depuis près de vingt ans-.

Accompagnée de Guy Fischer, président du comité de soutien, d’André Gerin, député sortant, et de Yannis Al Mahdi qui se présentait à ses côtés, Michèle Picard a été accueillie dimanche soir par des applaudissements nourris dans la salle du conseil municipal de Vénissieux, où elle venait proclamer les résultats du premier tour. Disant son inquiétude devant l’abstention record, elle déplorait que cette grève des urnes ait aussi « contribué à l’implantation durable des idées de rejet et de haine du Front national, en progression constante dans notre pays après chaque scrutin ». Avant de poursuivre : « Le réflexe du vote utile, après l’élection de François Hollande le 6 mai dernier, est une constante sous la Ve République que le calendrier électoral, en couplant présidentielle-législatives, renforce et favorise. C’est le bipartisme qui est consolidé et c’est le pluralisme qui est malheureusement affaibli. 

« Un combat sincère, loyal et de proximité a été mené lors de cette campagne. Issue d’un parti de résistance, je me battrai avec force et détermination pour que la voix des quartiers populaires soit entendue et respectée. »

Une réunion des responsables de la campagne des communistes et du Front de gauche se tenait ce lundi à midi. Ce soir, c’est le comité de section du PCF qui se réunit. Il devrait en sortir une déclaration politique sur le second tour.

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