Les punaises de lit s'attaquent aux Minguettes

On avait laissé les punaises de lit à Max-Barel, où elles avaient élu domicile chez des locataires de la Sacoviv (lire Expressions n° 478 du 8 décembre 2010). On les retrouve aujourd’hui aux Minguettes, plus précisément au Couloud, rue des Martyrs-de-la-Résistance, dans une résidence également gérée par la Sacoviv. Mais ce bailleur n’est pas le seul concerné. GrandLyon Habitat signale également un logement infecté. Après s’être cantonnées au quartier Max-Barel, les punaises partent donc à l’assaut du plateau. Quand on connaît la résistance de cet insecte aux traitements, sa capacité à gagner rapidement du terrain et la forte concentration de logements qui caractérise les Minguettes, on peut légitimement s’inquiéter.
Au Couloud, 36 locataires ont signé en septembre dernier une pétition réclamant une intervention du bailleur. Sans succès. La Sacoviv a retourné un courrier deux mois plus tard pour expliquer qu’il s’agit d’un problème privé. “Dans la mesure où cela ne touche pas les parties communes, nous estimons en effet que cela ne relève pas de notre responsabilité”, nous a confirmé Patrick Guyard, le directeur. Et de s’inscrire en faux contre les affirmations des habitants : “Nous n’avons reçu qu’une seule réclamation par écrit, on ne nous a jamais informés d’une contamination aussi étendue.” Ce discours est très mal reçu par les habitants. Ainsi Mme Ferhat, qui vit avec quatre enfants dans un appartement infesté, ne cache pas sa colère : “Avec les voisins, nous avons adressé début février un courrier au tribunal de grande instance, nous irons jusqu’au bout.”
L’affaire pourrait toutefois connaître une issue plus sereine et constructive. Après avoir interpellé des militants du quartier, notamment de la CNL et du parti communiste, les locataires ont progressé dans la prise en compte de leurs revendications. La présidente de la Sacoviv, Évelyne Ébersviller, a décidé de convoquer une réunion, le mardi 15 février, à la maison des sportifs Roger-Couderc, pour faire un point précis avec le service communal d’hygiène et de santé. Les 260 locataires Sacoviv du Couloud y sont conviés.
Reste que ce problème sanitaire dépasse largement la Sacoviv et le Couloud. “Il faut que l’on prenne ça très au sérieux, estime Évelyne Ébersviller, avec tous les autres bailleurs des Minguettes. Sinon, nous risquons de connaître une situation semblable à celle de Paris ou New York où les punaises pullulent.”

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